​24ᵉ Journée Africaine de la Médecine Traditionnelle au Plateau : La Côte d’Ivoire réaffirme sa volonté d’intégrer les savoirs ancestraux à la Couverture Santé Universelle

Médecine traditionnelle en Côte d'Ivoire : 18 000 praticiens recensés et un cap clair vers la Couverture Santé Universelle
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Abidjan, le 28 octobre 2026 – L’amphithéâtre Delormas de l’Institut National de Santé Publique (INSP) situé au Plateau a servi de cadre, ce mercredi 28 octobre 2026, à la célébration de la 24ᵉ édition de la Journée Africaine de la Médecine Traditionnelle (JAMT). Placée sous l’égide du Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle, cette cérémonie a rassemblé autorités administratives, chercheurs, universitaires, partenaires techniques et une forte délégation de Praticiens de Médecine Traditionnelle (PMT) venus des 113 districts sanitaires du pays.

​Au cœur des débats et des interventions, un enjeu stratégique majeur : « Réflexion sur les efforts de recherche et de développement de la médecine traditionnelle en vue de la réalisation de la couverture sanitaire universelle dans la Région africaine ».

​Un rôle incontournable dans le système de santé

​Organisée conjointement par le Programme National de Promotion de la Médecine Traditionnelle (PNPMT) et l’Organisation Nationale des Associations des Praticiens de Médecine Traditionnelle des Districts Sanitaires (ONAPMTDS), cette édition a mis en lumière l’ancrage profond de la pharmacopée dans le quotidien des populations.

​En Afrique subsaharienne, près de 80 % des populations ont recours à la médecine traditionnelle en première intention. Lors de son allocution, M. Mamadou Ouattara, président du Conseil National de l’ONAPMTDS, a rappelé la pertinence de cette réalité :

​« Au vu de cette statistique, la Couverture Sanitaire Universelle ne devrait pas se faire sans la médecine traditionnelle dans nos pays. Mais cette intégration exige de nous de la rigueur et le partage réciproque des connaissances. » a-t-il expliqué.

​Il a également profité de la tribune pour lancer un appel solennel à ses pairs afin d’intensifier la collaboration avec la médecine moderne et d’assainir la profession en rejetant les charlatans qui nuisent à sa crédibilité.

​Des avancées significatives et des défis scientifiques

​Sous l’impulsion du Gouvernement ivoirien et en application de la loi N° 2015-536 ainsi que du décret N° 2016-24 fixant le code d’éthique et de déontologie des PMT, la médecine traditionnelle ivoirienne a franchi plusieurs étapes structurantes.

​Prenant la parole, le Directeur Coordonnateur du PNPMT, le Dr Kroa Ehoulé, a dressé un bilan encourageant des acquis nationaux :

​Une base de données nationale recensant près de 18 000 praticiens organisés dans les 113 districts sanitaires ;

​La publication de deux tomes officiels de la Pharmacopée ivoirienne (2018 et 2024) ;

​Le fonctionnement de 21 Unités de Production Artisanale (UPA) et d’environ 500 centres de consultation ;

​L’homologation de 14 Médicaments Traditionnels Améliorés (MTA) autorisés à la commercialisation.

​Pour le PNPMT, l’avenir repose sur trois priorités fondamentales : le renforcement de la recherche scientifique (avec l’ambition de construire un Institut National de Recherche dédié), la standardisation et la normalisation des pratiques, ainsi que l’intégration progressive et sécurisée des soins traditionnels dans le parcours de santé universel.

​L’engagement des collectivités et des partenaires

​Représentant le Député-Maire de la commune du Plateau, M. Jacques Gabriel Ehouo, le Dr Tanoé Angoua Emma Clarisse a souhaité la bienvenue aux participants au nom du Conseil municipal. Elle a souligné l’impact concrètement attendu pour les usagers :

​« Dans notre pays, cette démarche pourrait ouvrir la voie, à terme, à la prise en charge par la CMU de certains médicaments traditionnels améliorés, sous réserve que leur efficacité et leur sécurité soient établies. Les bénéfices attendus sont réels : un accès plus équitable et la réduction des dépenses de santé pour les familles. » fait-elle savoir.

​Soutenue financièrement et techniquement par l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la journée s’est poursuivie avec la présentation du bilan d’activités de dix associations locales de PMT, ainsi que l’exposition sur site des produits issus de la pharmacopée locale.

​La reconnaissance de l’excellence

​L’un des temps forts de la journée a été la cérémonie de remise des prix distinguant les meilleurs acteurs du secteur pour l’année 2026. Évalués selon des critères stricts élaborés par le PNPMT et l’Autorité Ivoirienne de Régulation Pharmaceutique (AIRP) — notamment le respect de la réglementation, l’hygiène, la traçabilité et les bonnes pratiques de fabrication —, les lauréats dans les catégories Meilleur Praticien, Meilleur MTA, Meilleure UPA, Meilleure Herboristerie et Meilleur District Sanitaire ont reçu des trophées et des attestations sous les applaudissements des participants.

​La célébration se poursuit avec l’exposition publique des produits de la pharmacopée ivoirienne sur l’esplanade de l’INSP, offrant aux visiteurs l’opportunité de découvrir la diversité des remèdes locaux homologués.

 

CAM