Actualisation des données, fiabilisation des statistiques et amélioration des fonctionnalités sont au cœur d’un atelier de deux jours à Abidjan
Mieux connaître les marchés pour mieux les conquérir. C’est l’ambition qui sous-tend l’atelier d’actualisation des données commerciales de la Cartographie numérique des Accords et des Flux commerciaux (COMEXMAP), ouvert ce jeudi 10 septembre 2026 à Abidjan.
Organisée par le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, cette rencontre de deux jours réunit 35 participants issus de l’administration publique, du secteur privé, des structures d’appui au commerce et à l’investissement, des chambres consulaires, des missions diplomatiques et économiques, ainsi que du monde universitaire.
L’enjeu est de taille : faire de COMEXMAP un outil fiable et dynamique permettant aux opérateurs économiques d’identifier les opportunités, de mieux comprendre les accords commerciaux liant la Côte d’Ivoire à ses partenaires et de disposer de données actualisées sur les échanges internationaux.
De l’information à l’opportunité d’affaires
Élaborée à partir de 2022 et officiellement lancée le 30 décembre 2025 à Grand-Bassam, COMEXMAP rassemble notamment des informations sur les accords commerciaux, les statistiques des échanges, les principaux produits exportés et importés ainsi que le classement des partenaires commerciaux de la Côte d’Ivoire.
Pour le directeur général du Commerce extérieur, Touré Baba, l’un des premiers avantages de cet outil réside dans sa capacité à mettre l’information directement au service des entreprises.
« Il faut connaître son marché, connaître son client, connaître la concurrence à laquelle on va faire face », a-t-il souligné, estimant que la connaissance constitue un préalable à toute stratégie commerciale réussie.
L’objectif est ainsi de permettre au secteur privé ivoirien d’accéder, « à tout moment », aux informations nécessaires pour préparer et développer ses affaires sur les marchés extérieurs et, in fine, générer davantage de valeur ajoutée en Côte d’Ivoire.
Cette philosophie résume la vocation de COMEXMAP : ne pas être une simple plateforme numérique, mais un véritable instrument d’aide à la décision, à la prospection et à l’investissement.
Des données fiables pour une économie plus compétitive
Dans son discours d’ouverture, lu par la conseillère technique Tchicaya Laure, représentant le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, l’accent a été mis sur les profondes mutations du commerce international.
Multiplication des accords préférentiels, recomposition des chaînes de valeur, nouvelles exigences réglementaires, tensions géopolitiques et accélération de la digitalisation imposent désormais aux Etats de mieux maîtriser l’information commerciale.
La Côte d’Ivoire entend inscrire COMEXMAP dans cette dynamique.
Selon les données communiquées à l’occasion de l’atelier, le pays a enregistré en 2025 17.323,5 milliards de FCFA de revenus d’exportations, soit une progression de 133 % par rapport à 2015. Son excédent commercial s’est établi à 5.762 milliards de FCFA, en hausse de 358 % sur la même période.
Pour le ministère, ces performances doivent désormais être consolidées par une meilleure exploitation de l’information économique et commerciale.
COMEXMAP vient ainsi compléter les autres instruments de facilitation du commerce développés par la Côte d’Ivoire, notamment le Guichet Unique du Commerce Extérieur (GUCE-CI) et le Portail Web d’Informations Commerciales (PWIC).
Une plateforme appelée à évoluer
L’atelier ne vise toutefois pas uniquement à mettre à jour des chiffres.
Les participants doivent également examiner l’état des accords commerciaux conclus par la Côte d’Ivoire, actualiser les données relatives aux flux commerciaux et au classement des partenaires, mais aussi améliorer les différents modules de la plateforme.
Pour le directeur de la Coopération internationale et régionale à la Direction générale du Commerce extérieur, Siriki Tuo (à gauche) , cette étape est nécessaire pour intégrer les nombreuses observations formulées depuis la conception et le lancement de l’outil.
« Il est important de prendre en compte toutes ces observations en vue de parfaire la plateforme », a-t-il expliqué.
Les travaux réunissent ainsi les membres du comité de veille intervenant sur toute la chaîne de production de l’information, « depuis le recueil des données, leur traitement jusqu’à leur mise sur la plateforme ».
L’ambition affichée est de parvenir, à l’issue de l’atelier, à une plateforme suffisamment fiable et opérationnelle pour être présentée aux autorités, puis largement déployée auprès du secteur privé et de l’ensemble des acteurs susceptibles de l’utiliser.
Une feuille de route pour inscrire l’actualisation dans la durée
Au-delà de l’actualisation immédiate, les participants doivent élaborer un plan d’actions assorti d’une feuille de route et d’un cahier des charges.
Il s’agira notamment de définir les mécanismes permettant d’assurer une mise à jour régulière des données, d’améliorer les fonctionnalités de COMEXMAP et de renforcer sa sécurisation.
Pour les organisateurs, la crédibilité d’une plateforme d’information commerciale dépend en effet de la qualité, de la pertinence et de l’actualité des données qu’elle propose.
« Actualiser, fiabiliser, améliorer, anticiper » : ces quatre verbes résument l’esprit de l’atelier.
Derrière cette démarche technique se dessine une ambition plus large : faire de l’information commerciale un levier de compétitivité pour les entreprises ivoiriennes, particulièrement les TPE et PME/PMI.
Car, comme l’ont relevé les participants, derrière une donnée commerciale actualisée peut se trouver un marché à conquérir, derrière un accord mieux maîtrisé une opportunité à saisir, et derrière une plateforme mieux conçue une entreprise mieux préparée à affronter la concurrence internationale.
À terme, COMEXMAP ambitionne ainsi de devenir une véritable boussole numérique du commerce extérieur ivoirien.
CAM