L’Association nationale des coopératives agricoles de Côte d’Ivoire (ANACACI) a animé une conférence de presse, ce mardi 7 avril 2026, à l’hôtel Rose Blanche, sous la conduite de son président, Soro Penatirgue. Au cœur des échanges : la crise du cacao qui secoue la filière depuis octobre 2025 et dont les effets se sont intensifiés depuis le début de l’année.
Face à la presse, le président de l’ANACACI a tenu à situer les enjeux. Organisation faîtière des sociétés coopératives agricoles et signataire du Plan national d’investissement agricole, l’association dit suivre avec attention la gestion de cette crise, notamment au regard des importants investissements consentis par l’État ivoirien.
En ligne de mire, l’enveloppe de 291 milliards de francs CFA mobilisée pour soutenir les producteurs et les coopératives de café-cacao. Si l’ANACACI salue cet effort financier, elle estime toutefois que sa gestion sur le terrain présente des insuffisances. « Des facteurs à la fois internationaux et nationaux ont contribué à la situation actuelle », a indiqué Soro Penatirgue, évoquant des pertes économiques importantes, une baisse du fonds de roulement des coopératives et une recrudescence des contentieux judiciaires.
L’organisation pointe également des dysfonctionnements dans la conduite des opérations de déstockage. Selon les données recueillies auprès de ses délégués, près de 50 000 tonnes de cacao restent encore en circulation dans les coopératives, appelant à une intervention urgente de l’État pour leur enlèvement.
Autre préoccupation majeure : la situation de certaines coopératives recensées entre le 12 et le 18 janvier 2026. Sur un volume global de 123 000 tonnes, seulement 100 000 tonnes auraient été prises en compte dans les paiements, laissant plusieurs structures dans une situation financière critique. Face à ce qu’elle considère comme une injustice, l’ANACACI annonce avoir mandaté un cabinet d’avocats pour défendre les intérêts des coopératives lésées.
Par ailleurs, des pratiques de rançonnement et d’abus auraient été signalées dans certaines opérations en cours. Pour y faire face, l’association prévoit la mise en place prochaine d’un numéro vert destiné à recueillir les dénonciations des victimes de fraudes.
Dans une dynamique de suivi, l’ANACACI annonce également des missions de terrain dans les prochains jours. Objectif : collecter davantage de données et produire un rapport détaillé qui sera transmis aux autorités compétentes. « Un investissement public de 291 milliards de francs CFA ne saurait rester sans audit ni contrôle rigoureux », a insisté le président, appelant à plus de transparence dans la gestion des fonds publics.
L’organisation invite les producteurs à accélérer la commercialisation de la petite campagne, afin d’éviter une détérioration des stocks. Elle souligne le caractère périssable du cacao et met en garde contre les risques liés à une conservation prolongée.
L’ANACACI appelle à la mise en place de mesures gouvernementales complémentaires, à court, moyen et long terme, pour soutenir durablement les sociétés coopératives. Elle exhorte l’ensemble des acteurs de la filière à unir leurs efforts pour sortir de cette crise et garantir la résilience du secteur cacao en Côte d’Ivoire.
Ousseni S.