Crise du cacao : le SYNEPCI lance un appel urgent à l’État

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 Le président du Syndicat national des enfants de producteurs de Côte d’Ivoire (SYNEPCI), N’Goran Kouadio Barthélémy, a animé ce lundi 30 mars 2026 une conférence de presse à la Maison de la Presse d’Abidjan pour alerter sur la crise profonde qui secoue la filière cacao.

S’exprimant au nom des producteurs et de leurs familles, il a dénoncé une situation « grave » menaçant un secteur clé de l’économie de la Côte d’Ivoire.

Une chute des prix incomprise

Le SYNEPCI déplore la baisse brutale du prix bord champ, passé d’environ 2 800 FCFA/kg à près de 1 200 FCFA/kg. Une situation jugée injuste par les producteurs, surtout dans un contexte de hausse des cours internationaux.

Opacité et dysfonctionnements
Le syndicat pointe plusieurs irrégularités, notamment :
une gestion opaque des volumes de cacao, dont près de 40 000 tonnes non clairement tracées ;
des pratiques spéculatives et une concurrence désordonnée ;
un affaiblissement du rôle des coopératives.
Il exige que les volumes soient exclusivement attribués aux exportateurs agréés par le Conseil du Café-Cacao.

Des conséquences sociales alarmantes

Selon le président du SYNEPCI, la crise entraîne un appauvrissement des producteurs, l’abandon des plantations et des difficultés accrues pour les familles, notamment l’accès à l’éducation et aux soins.
« Des parents n’arrivent plus à scolariser leurs enfants ou à assurer leur prise en charge sanitaire », a-t-il déploré.

Des revendications fortes

Le SYNEPCI demande :
la revalorisation immédiate du prix du cacao ;
un audit indépendant de la filière ;
plus de transparence dans la gestion des volumes ;
une meilleure implication des producteurs dans les décisions.

Appel au Président de la République

Face à l’urgence, N’Goran Kouadio Barthélémy a lancé un appel au chef de l’État, Alassane Ouattara, pour une intervention rapide visant à stabiliser les prix et soutenir les producteurs.
Il a également sollicité l’appui de la Première dame, Dominique Ouattara, en faveur des enfants de planteurs durement affectés.

« Les enfants de producteurs sont aussi les producteurs de demain. Sans soutien, c’est toute la filière qui est menacée », a-t-il insisté.
Le SYNEPCI réaffirme enfin sa disponibilité au dialogue, tout en appelant à des mesures urgentes pour préserver la stabilité sociale et économique du pays.

CAM