Déclaration du mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » sur le chaos en préparation 

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 Les propos qui se tiennent depuis quelques temps et les passes d’armes entre certains partis politiques par déclarations interposées n’augurent rien de bon pour la suite du processus électoral qui vient de commencer avec l’affichage de la liste électorale suivi du contentieux. Les temps politiques sentent mauvais en Côte d’Ivoire avec une escalade palpable chez toutes les parties, et le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » ne veut pas rester les bras croisés et regarder l’atmosphère politique se dégrader progressivement. 

La question de la nationalité voltaïque vraie ou supposée d’une personnalité politique ivoirienne a divisé toute la Côte d’Ivoire pendant des années. Superposée à des considérations ethno-religieuses et communautaires, elle a détruit la cohésion nationale et défiguré le pays. Elle a fait entrer la guerre dans ce pays naguère paisible. Lors de meetings politiques ou dans des déclarations dans la presse, certaines personnes bien en vue ont appelé à brûler ce pays à cause d’une politique d’exclusion constitutionnalisée. On sait ce qui s’est passé par la suite. Mais on semble avoir tout oublié parce qu’on a eu un peu de paix pendant quelques années. Satan semble avoir possédé à nouveau les gens comme le disait un ancien président du Conseil constitutionnel.  

Aucun ivoirien ne doit avoir la mémoire courte comme s’il ne s’est rien passé dans ce pays. Il s’est passé des choses affreuses dans ce pays. La politique a provoqué des choses horribles dans ce pays. La Côte d’Ivoire a vu son visage défiguré et son développement retardé. Des familles ont perdu des biens et certains des leurs qu’elles ne verront plus jamais. Des opérateurs économiques ont vu leurs activités totalement détruites et anéanties. Aujourd’hui, on continue d’en payer le tribut : la reconstruction post-crise a coûté des milliards aux caisses de l’Etat. Ces milliards auraient pu servir à améliorer la vie des populations. 

Aujourd’hui, en 2025, les ingrédients d’une déflagration générale sont à nouveau là. Et la belligérance n’est pas loin. Elle est palpable derrière les propos des uns et des autres. L’on a l’impression de se retrouver en 1995 ou en 2000. Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » s’indigne de l’amnésie délibérée dont font preuve certains acteurs politiques qui ont totalement oublié d’où nous venons et ce que nous avons eu à traverser jusqu’au mois d’avril 2011. 

De la mort du président Félix Houphouët-Boigny en décembre 1993 où un affrontement a été évité de justesse entre certaines composantes de nos forces de défense et de sécurité au mois d’avril 2011 et donc, pendant 18 ans, la Côte d’Ivoire a été tenue en haleine par un seul problème : l’organisation d’élections inclusives, justes, transparentes et ouvertes. 

On se croirait, en 2025, revivre la scène du RDR se battant pour la reconnaissance des droits civiques d’Alassane Ouattara mais avec moins de violence pour le moment. Notre classe politique est-elle composée de revanchards prêts à faire subir aux autres ce qu’ils ont eux-mêmes subit ? Comment pourrions-nous nous en sortir avec un tel esprit ? 

Quelle est cette malédiction qui pèse sur la nation ivoirienne et qui la condamne tous les dix ans à revivre les mêmes choses ? Quel est ce terrible karma qui pousse chaque fois la classe dirigeante à créer les conditions du chaos? Pourquoi les oreilles demeurent-elles toujours fermées à la voix de la sagesse ? Qu’est-ce qui explique que chaque régime veuille toujours reprendre les erreurs des régimes précédents ? Quand et comment la Côte d’Ivoire pourrait-elle sortir de ce cycle infernal et funeste ? 

Que les guides religieux parlent, on s’en fout. Que la société civile parle, on s’en fout. Que la voix de la sagesse se fasse entendre, on s’en fout. Finalement, on ne sait pas qui pourrait faire entendre raison à l’homme politique ivoirien. Qui pourrait casser cette dynamique infernale pour qu’on ait, enfin, des élections sans contestation et sans violence ? Le dirigeant qui répondra à ces questions avec satisfaction et instaurera et respectera une égalité pérenne de chances dans l’accès à l’emploi public et dans la compétition pour le poste de président de la République sera le rédempteur et le sauveur de la Côte d’Ivoire. Il absoudra et la nation et tout le monde. 

Pour sa part, le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » refuse la fatalité de la violence et l’avenir funeste que nous réservent certains marchands de la mort et de la destruction. Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » refuse de participer à ce chaos en préparation sous les yeux de tous. Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » refuse aussi de rester passif pour attendre que le chaos nous tombe sur la tête à tous. 

Pour le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire », il est indispensable d’apaiser la situation politique interne et les tensions naissantes et grandissantes : l’escalade est là, bien palpable. Et, le seul capable de l’arrêter est le Président Alassane Ouattara. Si le pays brûle, tout le monde en sera comptable mais le Président Alassane Ouattara sera considéré comme le premier et le principal responsable de la situation. C’est lui qui est le Président de la République, et il a le devoir de créer les conditions de l’apaisement et de la paix ; la paix par la force, ce que veulent ses partisans mais, pour le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire », la Côte d’Ivoire a besoin de la paix par des arrangements et des décisions politiques fortes. 

De la même manière que le Président Laurent Gbagbo a usé de sa signature pour qu’il soit candidat à l’élection présidentielle de 2010, nous lui demandons, au nom de la paix, de prendre un décret pour favoriser la participation de tous ceux qui le souhaitent à l’élection présidentielle d’octobre 2025. Personne ne doit être poussé à la radicalité et à l’extrémisme. La violence ne doit pas être offerte comme la seule voie pour se faire entendre dans ce pays. Nul ne doit faire usage de la violence ou être contraint à la violence. Ce pays n’appartient à aucun camp ni à aucune communauté ethno-sociale en particulier. Il appartient à tous les ivoiriens. C’est pourquoi la notion de Nation existe. 

Pour le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire », le RHDP, le PDCI-RDA, le PPA-CI, tous les regroupements politiques, toute la classe politique et la société civile doivent se retrouver pour offrir à la Côte d’Ivoire des conditions d’élections transparentes, inclusives, crédibles et démocratiques. Toute la classe politique doit montrer qu’on ne fait pas la politique pour briser des vies tous les dix ans, surtout la vie nationale, mais pour améliorer des vue. 

L’organisation internationale de la francophonie dont l’expertise est mondialement reconnue en matière d’audit des fichiers électoraux peut nous aider à résoudre le problème de crédibilité posé de la liste électorale et mettre tout le monde d’accord. Il ne faut pas aussi avoir peur de faire à temps la révision de la liste électorale pour qu’on ait une liste électorale crédible et des élections apaisées. Ces problèmes techniques sont des préalables à des élections transparentes, crédibles et sans violence. 

S’il le faut, tous les acteurs peuvent s’entendre pour que les arrangements constitutionnels soient faits en vue de repousser la date de la présidentielle afin que soient réunies les conditions de sa tenue dans un environnement apaisé et serein. Mais, après les douloureuses décennies passées, le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » refuse que triomphe encore une fois le camp de la guerre, de la destruction et de la mort. Avec tous les ivoiriens épris de paix, il portera toujours la voix de la paix. Et, la paix recommande de ne pas refuser tout ce qui est susceptible de sauver des vies humaines et de garantir une vie nationale sereine et apaisée. 

Fait à Abidjan, le 24 mars 2025. 

Pour « Les Démocrates de Côte d’Ivoire ». 

                                                                                             Le Président 

                                                                                         Prof. Séraphin Prao