L’Université Nangui Abrogoua d’Abidjan a abrité ce jeudi 12 février 2026, l’atelier de lancement officiel du projet FONSTI SGCI-IOSRS n°69, consacré au développement de prototypes de chambres froides fonctionnant à l’énergie solaire.
Réunissant enseignants-chercheurs, partenaires techniques et acteurs du monde agricole dans la salle du Conseil de l’institution, cette rencontre scientifique a mis en lumière une innovation fondée sur l’utilisation de matériaux locaux et biosourcés, avec pour ambition de réduire durablement les pertes post-récolte en Afrique de l’Ouest.
Procédant à l’ouverture de la cérémonie, la présidente de l’Université Nangui Abrogoua, la professeure Véronique Yoboué, a salué une initiative illustrant, selon ses termes, « la capacité des universités ivoiriennes à produire une recherche utile, ancrée dans les réalités locales et tournée vers des solutions concrètes au bénéfice des populations ». Elle a rappelé l’ampleur préoccupante des pertes agricoles, estimées entre 30 % et 50 % selon les filières, tout en soulignant l’impératif d’innover grâce au recours aux énergies renouvelables et à la valorisation des ressources locales.
« Ce projet constitue une réponse innovante et durable aux enjeux de sécurité alimentaire, de transition énergétique et de développement économique local », a-t-elle affirmé, avant de déclarer officiellement ouverts les travaux de l’atelier et d’appeler à une synergie renforcée entre chercheurs, partenaires financiers et acteurs du secteur agricole.
Prenant la parole, le directeur de l’Institut de Recherche sur les Énergies Renouvelables, le professeur Boko Aka, a insisté sur la dimension stratégique de l’initiative.
« L’enjeu ne se limite pas à la conception d’un prototype, mais à la validation scientifique de ses performances énergétiques et thermiques en vue d’un déploiement à grande échelle », a-t-il souligné.
Il a par ailleurs relevé que les solutions de conservation actuellement utilisées reposent encore largement sur des énergies fossiles coûteuses et des matériaux importés inadaptés aux contextes africains. À l’inverse, les chambres froides solaires intégrant des matériaux géosourcés et biosourcés offrent, selon lui, « une alternative durable susceptible de renforcer la résilience des communautés rurales tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique ».
Représentant le secrétaire général du Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (FONSTI), Dr Sangaré Yaya, la professeure Acapovie Lydie a réaffirmé la volonté de l’institution de promouvoir une recherche orientée vers l’impact socio-économique.
« Notre mission est de créer un environnement propice à l’innovation et à la production de connaissances utiles au progrès de la Côte d’Ivoire », a-t-elle déclaré, exhortant les équipes scientifiques à traduire leurs résultats en solutions concrètes pour l’économie nationale.
Elle a également souligné que cet atelier marque le point de départ d’une collaboration appelée à s’inscrire dans la durée, témoignant de l’ambition du FONSTI de soutenir des projets à forte valeur ajoutée sociale et économique.
La présentation du projet, assurée par la docteure Djohoré Ange Christine, chargée de recherche à l’Université Nangui Abrogoua, sous la supervision générale du Dr Kouadio Konan, a permis de préciser les objectifs opérationnels poursuivis, notamment l’optimisation des performances thermiques des chambres froides, la réduction significative du gaspillage alimentaire, la création d’emplois locaux et la diffusion de solutions durables de conservation à l’échelle de la sous-région. Doté d’un financement de plus de 24 millions de FCFA sur trois ans, ce programme de recherche appliquée ambitionne de devenir un modèle reproductible au service de la transformation des systèmes agricoles ouest-africains.
Au-delà de son caractère institutionnel, cet atelier de lancement traduit surtout la détermination de la recherche ivoirienne à répondre aux défis agricoles et climatiques par des innovations adaptées aux réalités africaines, plaçant la science et la technologie au cœur de la sécurité alimentaire et du développement durable du continent.
Ousseni S.