La santé commence dans notre cour : au siège de la PLUSS-CI, le Dr Ouattara raconte  » Une Seule Santé »

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Dans la cour d’une maison ivoirienne, tout le monde vit au même endroit : la grand-mère et les enfants, le chien qui garde l’entrée, les poules, quelques cabris, mais aussi le puits, le caniveau et, dans un coin, le tas d’ordures. C’est par cette image, familière à tous, que le Dr Djénéba Ouattara a choisi d’ouvrir son propos, ce mardi 3 novembre, devant la presse réunie au siège de la Plateforme « Une Seule Santé » (PLUSS-CI), à Abidjan, pour la Journée mondiale « Une Seule Santé ». Micros de radio tendus, elle s’est adressée aux auditeurs d’Abidjan comme à ceux de « l’intérieur du pays », avec une idée à leur faire partager : dans cette cour, personne n’est malade seul.

Quand le puits tombe malade, c’est la famille qui souffre

« One Health », dit la coordinatrice nationale, conseillère du Premier Ministre, c’est de l’anglais. En français : une seule santé. « Si l’eau est sale, c’est nous qui tombons malades. » Si le chien attrape la rage, ce sont d’abord les enfants qui sont en danger, parce qu’ils sont les premiers au contact des animaux. Et quand les ordures s’entassent, les rats et les moustiques arrivent, avec les maladies.

La rage vient du chien, la fièvre de Lassa du rat, la grippe aviaire des volailles, Ebola des animaux de la forêt, et la fièvre jaune passe du singe à l’homme par le moustique. Même les champs sont concernés : lorsque le manioc est frappé par la maladie, c’est le placali qui manque et ce sont les revenus de ceux qui en vivent qui reculent. Hommes, animaux, plantes, environnement : tout se tient.

 

Un chef d’orchestre au-dessus des ministères

Pour faire travailler ensemble tous ces mondes, la PLUSS-CI a été placée sous l’autorité du Premier Ministre, car la santé touche la Santé, les Ressources animales, l’Agriculture, l’Environnement, l’Intérieur, la Défense et les Finances. Le Dr Ouattara la compare à un chef d’orchestre : il ne joue pas à la place des musiciens, mais veille à ce que tous jouent la même musique, au bon moment. « La plateforme ne remplace aucun ministère. Elle ne soigne pas les malades, elle ne vaccine pas les animaux. »

Elle décrit une maison à plusieurs étages. Tout en haut, le Comité de veille décide, avec l’OMS, l’OMSA, la FAO et le PNUE à la même table que les ministres. En dessous, le Comité technique joue le rôle de chef de chantier. Au rez-de-chaussée, le Secrétariat multisectoriel, qu’elle coordonne, est « le moteur du quotidien ». Et jusque dans les départements, les plateformes pilotées par les préfets, parce qu’une épidémie, rappelle-t-elle, « se déclare quelque part dans un village ».

 

Sept ans de chemin, et des défis qui restent

Depuis la signature du décret, la PLUSS-CI a formalisé son cadre, se dotant d’un plan d’action national pour la sécurité sanitaire, d’évaluations externes conjointes, d’exercices de simulation, d’un siège et d’un budget de fonctionnement. Prête à tout événement ? « Le risque zéro n’existe pas », répond le Dr Ouattara, qui parle d’une préparation de chaque jour.

Elle ne cache pas les difficultés. Le premier défi est le partage de l’information : une mortalité inhabituelle chez des canards, signalée par le secteur animal, peut être un signal d’alerte pour la santé humaine, mais seulement si elle circule. Viennent ensuite le financement, qui dépend encore en grande partie des partenaires techniques, les capacités des laboratoires, les plateformes départementales à rendre réellement opérationnelles, et l’adhésion des populations. Pour la rage, « un chien sur dix » seulement est vacciné, alors que la maladie ne pardonne pas une fois déclarée.

 

partenariat important

Elle a soutenue également que Pour renforcer la sécurité sanitaire mondiale, la Cote d’Ivoire bénéficie du soutien du gouvernement américain USG pour renforcer les piliers du RSI en terme de prévention, détection et de riposte dans le cadre de l’accord de coopération.

Un réflexe, dans les institutions comme dans les familles

L’ambition de la PLUSS-CI : passer d’une collaboration qui dépend parfois des circonstances à une coopération organisée, planifiée, financée et évaluée, avec un système d’information partagé, un financement durable et des plateformes départementales actives partout.

Puis le Dr Ouattara est revenue à la cour : « Quand je protège mon environnement et mes animaux, je protège ma famille. » Gardons nos cours propres, a-t-elle demandé, faisons vacciner nos chiens, ne touchons pas les animaux trouvés morts, lavons-nous les mains, allons vite au centre de santé en cas de doute. Sa dernière phrase tient lieu de morale : « La santé ne commence pas à l’hôpital, elle commence dans notre cour, dans notre quartier, dans nos champs, dans nos forêts. »

 

CAM