Le PDCI-RDA : Héritier de l’Indépendance, Gardien de Valeurs qui ne se Vendent pas.

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Le 7 août 1960, la Côte d’Ivoire accède à la souveraineté. Ce jour n’est pas le produit d’un hasard historique ni d’une rupture improvisée. Il est le fruit d’un combat long, méthodique et lucide, conduit par Félix Houphouët-Boigny et le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement Démocratique Africain. Ce combat, loin d’être une page tournée, demeure le socle de notre Identité Nationale et le Fondement des Valeurs que le PDCI-RDA continue de porter avec fierté.

Félix Houphouët-Boigny n’a jamais confondu l’Indépendance avec un Slogan. Son action, avec comme instrument politique, le PDCI-RDA, s’inscrit dans une stratégie claire : conquérir des droits concrets, bâtir des Institutions solides et préparer un avenir viable pour le pays.
En 1958, il milite pour le « oui » à la Communauté Franco-Africaine, convaincu qu’une indépendance purement politique, sans assises économiques, serait un leurre dangereux. Lorsque le mouvement des indépendances devient irréversible, il proclame, le 7 août 1960, la souveraineté de la Côte d’Ivoire, tout en préservant une coopération choisie avec la France. Cette indépendance-là n’a pas été arrachée dans le désordre. Elle a été préparée avec patience, réalisme et sens de l’intérêt national. C’est pourquoi Houphouët-Boigny reste, à juste titre, le Père de la nation et le Sage de l’Afrique.

Ce Génie Politique n’a pas échappé au Général de Gaulle. Le Charisme du Président français, figure tutélaire de la France libre et artisan de la Ve République, a su reconnaître très tôt le mérite et la stature exceptionnelle de Félix Houphouët-Boigny. Les deux hommes ont travaillé étroitement, en France comme sur le continent Africain. Houphouët-Boigny, Ministre d’État dans le gouvernement de Michel Debré, a contribué à l’élaboration de la Constitution de 1958. De Gaulle a vu en lui un interlocuteur de premier plan, un leader capable de concilier l’aspiration légitime des peuples africains à la souveraineté avec le maintien de liens de coopération fructueux. Dans ses Mémoires d’espoir, le Général le dépeint comme « un cerveau politique de premier ordre, de plain-pied avec toutes les questions qui concernent non seulement son pays, mais aussi l’Afrique et le monde entier, ayant chez lui une autorité exceptionnelle et, au-dehors, une indiscutable influence, et les employant à servir la cause de la raison ». Lors du toast qu’il lui adresse le 7 juin 1961 à l’Élysée, de Gaulle salue encore « la valeur exceptionnelle de sa personnalité » et rappelle « sa contribution à nos lois comme législateur, à nos gouvernements comme Ministre, à notre Constitution comme l’un de ses principaux auteurs ». Cette reconnaissance mutuelle, fondée sur le respect et la lucidité stratégique, a permis à la Côte d’Ivoire de franchir le cap de l’indépendance dans la dignité et la continuité, loin des ruptures chaotiques qui ont marqué d’autres trajectoires.

Il faut mesurer ce que cela signifiait à l’époque. Collaborer avec le Général de Gaulle, le convaincre par la Force de son Génie Politique, n’était pas donné à tout le monde. De Gaulle n’était pas un Homme d’État Ordinaire. C’était le chef qui, dès 1940, avait incarné la France libre, celui qui, à la naissance de l’Organisation des Nations unies, avait imposé la France comme membre permanent du Conseil de Sécurité, lui rendant ainsi sa place parmi les grandes puissances. Que Félix Houphouët-Boigny ait su gagner et conserver sa confiance, qu’il ait travaillé à ses côtés comme Ministre et contribué à la Constitution de la Ve République, témoigne d’une envergure exceptionnelle. Ce n’était pas une faveur. C’était la reconnaissance d’un égal en intelligence politique et en sens de l’Histoire.

Le PDCI-RDA n’a jamais été un simple appareil électoral. Il a été l’instrument de l’émancipation, de la construction de l’État de Côte d’Ivoire, et de sa stabilité.
De 1960 à 1990, il a été le parti unique, non par goût de l’exclusion, mais pour forger une nation à partir d’une Mosaïque Ethnique. Il a incarné, et incarne encore, ce que l’on appelle l’houphouétisme : la paix comme comportement permanent, l’union préférée à l’unité forcée, le dialogue comme méthode, la responsabilité devant le peuple, la loyauté envers la nation, le pragmatisme économique qui a fait de la Côte d’Ivoire l’un des pays les plus prospères d’Afrique de l’Ouest pendant des décennies.

Ces valeurs ne sont pas des ornements de discours. Elles sont le cœur battant du parti. « Je vous préfère unis, même contre moi, que divisés, les uns pour moi, les autres contre », disait Houphouët-Boigny. Cette exigence d’union, de dialogue et de responsabilité demeure. Elle n’est pas à négocier. Elle n’est pas à monnayer.

Sous l’impulsion du PDCI-RDA et de son fondateur, la fête de l’indépendance a pris une dimension nationale et concrète à travers les cérémonies tournantes organisées successivement dans les départements de la Côte d’Ivoire. Chaque année, une ville différente accueillait les grandes manifestations du 7 août. Ce choix n’était pas symbolique seulement. Il s’accompagnait d’un effort délibéré d’équipement et de modernisation : routes, bâtiments publics, infrastructures sportives et culturelles, réseaux d’eau et d’électricité, équipements collectifs. Ces investissements, réalisés à l’occasion des fêtes tournantes, ont durablement transformé le visage de nombreuses localités. Aujourd’hui encore, les populations de ces villes jouissent de ces acquis. L’indépendance n’est pas restée un concept abstrait ; elle s’est incarnée dans des réalisations concrètes qui ont rapproché l’État des citoyens et ancré le développement sur l’ensemble du territoire.

Aujourd’hui encore, certains voudraient réduire le PDCI-RDA à une formation politique que l’on pourrait diluer, instrumentaliser ou vendre au gré des conjonctures. C’est méconnaître son essence. Le PDCI-RDA n’est pas une marchandise. Il est l’héritier direct de la lutte pour l’indépendance, le dépositaire des valeurs qui ont permis à la Côte d’Ivoire de naître comme État souverain, stable et ouvert. Ces valeurs – paix, dialogue, union, responsabilité, loyauté – ne s’achètent pas. Elles se vivent, se transmettent et se défendent.

Rappeler l’histoire de l’indépendance, ce n’est pas cultiver la nostalgie. C’est affirmer que la Côte d’Ivoire moderne repose sur un socle solide, et que ce socle reste d’actualité. Fondé en 1946, le PDCI-RDA demeure l’un des plus anciens grands partis d’Afrique subsaharienne. Sa longévité n’est pas un accident. Elle repose sur des convictions profondes, non sur des opportunités passagères.

L’indépendance du 7 août 1960 n’a pas été un cadeau. Elle a été conquise par le courage, l’intelligence politique et le sens de l’intérêt supérieur de la nation. Ces qualités, incarnées par Félix Houphouët-Boigny et ses Compagnons et portées par le PDCI-RDA, demeurent. Elles sont le bien commun de tous les Ivoiriens qui aspirent à une Côte d’Ivoire unie, pacifique et responsable.

 

DJEDRI N’GORAN