L’or de Doropo financé à Abidjan : La révolution silencieuse du secteur bancaire ivoirien

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ABIDJAN, Plateau, Ce mardi 3 novembre 2026, la grande salle de réception du Plateau vibrait d’un soulagement fier et d’une gravité solennelle. Dans le quartier des affaires d’Abidjan, les représentants du secteur minier et les hauts dirigeants de la finance ivoirienne se sont réunis autour d’une poignée de main historique.

​Resolute Mining Limited, géant minier coté à Londres et à Sydney, officialisait le financement de son joyau ivoirien : le projet aurifère de Doropo. Mais au-delà de la signature, c’est un changement de paradigme fondamental pour le développement économique du continent qui vient de s’opérer sous les yeux du monde des affaires.

​Sur un besoin de financement initial de construction estimé à 516 millions de dollars (environ 293 milliards de FCFA), 148 milliards de FCFA (260 millions de dollars américains) sont directement apportés par un pool de sept banques locales : BNI, BOA, BGFI, AFG, NSIA, Bridge Bank et BDU/BDM.

 

​Quand le contenu local commence au cœur des coffres-forts

​Dans le secteur extractif africain, la règle non écrite a longtemps voulu que les mégaprojets industriels se financent au loin — auprès des consortiums bancaires londoniens, new-yorkais ou des institutions de développement internationales. Resolute disposait d’ailleurs de ces options sur sa table.

​Pourtant, la compagnie minière a sciemment fait un choix audacieux : ancrer son financement sur le sol ivoirien.

​« Nous avions plusieurs options pour financer Doropo. Nous avons choisi celle qui a du sens pour la Côte d’Ivoire. Sept banques locales portent aujourd’hui la moitié de la construction de cette mine : c’est la démonstration que le contenu local ne s’arrête pas à l’emploi et aux achats, il concerne aussi le financement. » a dit Karl AKUESON, Vice-Président Expansion, Resolute Mining Groupe. 

​En réimaginant le concept de « contenu local » pour y inclure l’ingénierie financière, Resolute et ses partenaires banquiers battent en brèche les idées reçues sur la capacité des marchés financiers régionaux à accompagner de grands chantiers d’infrastructure lourde.

​« Ce financement démontre la capacité du système bancaire local à structurer et à porter un projet industriel de dimension internationale. » a expliqué Daniel KOUADIO, Secrétaire Général de la Banque Nationale d’Investissement (BNI), s’exprimant au nom du pool bancaire.

​Au cœur du Bounkani : Une impulsion économique majeure

​À environ 650 kilomètres au nord-est d’Abidjan, dans la région du Bounkani, le paysage s’apprête à se transformer. Le projet de Doropo n’est plus un simple dessin sur une carte ou une promesse dans un rapport d’exploration : il est désormais en pleine phase de construction.

​Doté d’un permis d’exploitation octroyé en février 2026 et s’appuyant sur une étude de faisabilité définitive réactualisée en décembre 2025, le site de Doropo est calibré pour devenir un géant régional :

​Une usine d’envergure : Traitement par lixiviation en cuve d’une capacité installée de 4,9 millions de tonnes de minerai par an.

​Une production constante : Un objectif moyen de 169 000 onces d’or par an sur une durée de vie initiale de 13 ans.

​Un jalon prospectif : Première coulée d’or fixée à l’horizon 2028.

 

CAM