La lutte contre la malnutrition franchit une nouvelle étape en Côte d’Ivoire. Sous l’impulsion du Président de la République, Alassane Ouattara, et du Vice-Président, Tiémoko Meyliet Koné, le Conseil National pour l’Alimentation et la Nutrition (CONANUT) engage une vaste mission nationale de mobilisation communautaire. Objectif : relancer et pérenniser 741 Foyers de Renforcement des Activités de Nutrition Communautaire et de Développement de la Petite Enfance (FRANC-DPE) répartis dans six régions du pays.
Un impératif de santé publique et de capital humain
La malnutrition sous toutes ses formes — sous-nutrition, carences en micronutriments, surpoids et obésité — constitue un frein majeur au développement du capital humain. Elle hypothèque l’apprentissage des enfants, réduit la productivité économique et accentue les inégalités sociales.
Face à ce défi, la Côte d’Ivoire a fait le choix d’une stratégie multisectorielle innovante et de proximité à travers les FRANC-DPE. Véritables plateformes intégrées de services, ces espaces combinent la prise en charge de la santé primaire, l’accès à une alimentation diversifiée, à l’eau potable, à l’hygiène, ainsi qu’à l’éducation parentale et à l’autonomisation des femmes.
Redresser la barre après un diagnostic sans appel
Si le pays compte plus de 2 438 structures créées grâce à l’accompagnement de partenaires techniques et financiers comme la Banque Mondiale et l’UNICEF, les missions diagnostiques menées entre fin 2025 et début 2026 ont révélé des fragilités structurelles. Seuls 20% des FRANC visités dans les régions ciblées (Bagoué, Tchologo, Bafing, Worodougou, Béré et Kabadougou) demeurent pleinement fonctionnels, en raison notamment d’une dépendance excessive aux agences d’exécution et d’une faiblesse dans la gouvernance locale.
Lors de la cérémonie de lancement de la mission, le 13 octobre 2026, la Coordonnatrice du CONANUT, Dr Patricia Yobooué Ngoran-T., a rappelé la vision portée par l’exécutif : « La lutte contre la malnutrition ne se gagne ni dans les bureaux de l’administration centrale ni dans les seules structures de santé ou de l’agriculture. Elle se gagne à travers des efforts collectifs, au sein des villages, des quartiers et des ménages. »
Une mobilisation multisectorielle sur le terrain
Du 15 octobre au 1er novembre 2026, 32 équipes pluridisciplinaires — associant le corps préfectoral, les conseils régionaux, le bureau du CONANUT et les ministères sectoriels — seront déployées sur le terrain.
Cette campagne s’appuie sur un guide de gestion révisé pour renforcer l’ancrage territorial et clarifier les responsabilités. Les interventions s’articuleront autour de plusieurs axes prioritaires :
Le dialogue communautaire pour susciter l’appropriation locale par les chefs de villages, les associations et les leaders d’opinion.
L’évaluation physique de la fonctionnalité des infrastructures.
L’autonomisation financière des structures à travers la mise en place d’Activités Génératrices de Revenus (AGR) durables.
La régularisation et la motivation des animateurs locaux.
L’engagement fort réitéré par les représentants des ministères clés, à l’image de Kouassi Jacques pour le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant et de Koné Mohamed pour le Ministère de l’Hydraulique, témoigne de la synergie gouvernementale à l’œuvre. À terme, cette dynamique vise non seulement à sauver les acquis nutritionnels des 1 000 premiers jours de vie de l’enfant, mais aussi à conduire ces localités vers un label de « villages ODD » (Objectifs de Développement Durable).
CAM