Le Syndicat Autonome pour Garantir l’Épanouissement des Enseignants-chercheurs et Chercheurs de Côte d’Ivoire (SAGEC) a rendu publique, le 10 avril 2026 à Bouaké, une motion de protestation dénonçant une dégradation persistante de la gestion financière dans les universités et centres de recherche du pays.
Des retards de paiement devenus « systémiques »
Dans ce document, le syndicat pointe du doigt des retards chroniques de paiement des salaires et primes observés depuis 2022 dans plusieurs institutions d’enseignement supérieur. Sont notamment concernés :
les primes de recherche,
les rappels des enseignants promus au CAMES,
les droits des nouvelles recrues,
les décharges,
ainsi que les émoluments liés aux soutenances de mémoires et de thèses.
Le SAGEC qualifie cette situation d’« injustifiable » et désormais « systémique », dénonçant une atteinte grave aux conditions de vie et de travail des enseignants-chercheurs et chercheurs.
Une gestion financière vivement critiquée
Le syndicat met en cause la gestion jugée défaillante et opaque de certains présidents d’universités, directeurs d’instituts et responsables administratifs et financiers.
Il dénonce notamment :
l’incapacité à assurer le paiement régulier des salaires, des pratiques contraires aux principes de bonne gouvernance, ainsi qu’une communication jugée « condescendante et méprisante » envers les acteurs du secteur.
Le SAGEC tient ces responsables pour directement redevables des dysfonctionnements constatés, évoquant un « manque de rigueur », voire de « compétence », dans la gestion des ressources publiques.
Des exigences fermes et immédiates
Face à cette situation, l’organisation syndicale formule plusieurs revendications urgentes :
le paiement intégral et sans délai de toutes les primes et rappels dus ;
l’instauration d’une transparence totale dans la gestion des finances publiques ;
la reprise du processus électoral des présidents d’universités publiques, afin de mettre fin aux nominations jugées inadaptées.
Le SAGEC réaffirme également son attachement à l’adoption du statut particulier des enseignants-chercheurs, présenté comme une revendication centrale et non négociable du secteur.
Une mobilisation nationale en perspective
En guise de riposte, le syndicat annonce le lancement d’une série de meetings éclatés dans les universités concernées, avec pour objectifs :
dénoncer publiquement les dérives,
mobiliser les enseignants-chercheurs,
et intensifier la lutte syndicale.
La première étape de cette mobilisation est prévue le mercredi 22 avril 2026 à 10 heures, à l’esplanade de la présidence de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké.
Un avertissement clair
Le SAGEC prévient qu’il se réserve le droit d’engager toutes les actions syndicales légales nécessaires jusqu’à la satisfaction totale de ses revendications.
En conclusion, le syndicat lance un mot d’ordre sans équivoque :
« Seule la lutte libère », appelant à une mobilisation accrue pour la défense de la dignité des enseignants-chercheurs en Côte d’Ivoire.
Fait à Bouaké, le 10 avril 2026
Pour le BEN-SAGEC
Le Secrétaire Général National
Dr Marius KOBA