Vente d’ouvrages scolaires : des pratiques controversées signalées dans certaines circonscriptions de l’enseignement primaire

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Des pratiques présumées de distribution et de commercialisation d’ouvrages scolaires impliquant certains Inspecteurs de l’enseignement primaire public (IEPP) suscitent des interrogations dans plusieurs circonscriptions. Des témoignages évoquent des partenariats avec des maisons d’édition et des pressions exercées sur des établissements privés pour s’approvisionner via des circuits imposés, notamment dans la circonscription d’Abobo-Plateau Dokui. Ces allégations, qui mettent en cause la neutralité du service public de l’éducation et la transparence des mécanismes de distribution, appellent des vérifications des autorités compétentes.

Dans ce dispositif, les IEPP seraient considérés comme des intermédiaires ou des grossistes, avec pour principales cibles les établissements scolaires privés relevant de leur zone de compétence. Ces derniers seraient ainsi incités, voire contraints selon certains témoignages, à s’approvisionner auprès de circuits de distribution identifiés.

Le cas de l’IEPP d’Abobo-Plateau Dokui est notamment cité. À chaque rentrée scolaire, le conseiller et certains de ses collaborateurs organiseraient, selon les témoignages recueillis, une rencontre à l’EPP Sandjro Danho afin de procéder à la distribution des ouvrages destinés aux établissements privés du secteur.

Plus préoccupant encore, des responsables d’établissements ayants temoigné dans l’anonimat, affirment avoir subi des pressions pour adhérer à ce dispositif. Des menaces de sanctions ou de mesures défavorables auraient même été évoquées à l’encontre de ceux qui refuseraient de participer à cette opération.

Ces allégations, si elles étaient avérées, soulèveraient des questions sur la neutralité du service public de l’éducation, la liberté de choix des établissements privés et la transparence des mécanismes de distribution des manuels scolaires.

Il apparaît donc nécessaire que les autorités compétentes procèdent à des vérifications approfondies, entendent les différentes parties prenantes et, le cas échéant, clarifient les règles encadrant les relations entre les IEPP, les établissements privés et les maisons d’édition. Une telle démarche permettrait de distinguer les partenariats institutionnels autorisés d’éventuelles pratiques commerciales ou pressions contraires aux dispositions en vigueur.

MNA