En prélude à la 14ᵉ Conférence ministérielle (CM14) de l’Organisation mondiale du commerce, prévue du 26 au 29 mars 2026 au Cameroun, le Comité national interinstitutionnel consultatif sur les Accords de l’OMC (CNIC-OMC) organise un atelier national préparatoire à Grand-Bassam du 4 au 6 Mars 2026. Objectif : définir les positions provisoires de la Côte d’Ivoire sur les grandes négociations commerciales à venir.
Un contexte international en mutation
Les discussions au sein de l’OMC portent aujourd’hui sur des enjeux majeurs pour les pays en développement : réforme de l’institution et de son mécanisme de règlement des différends, traitement spécial et différencié (TSD), agriculture et sécurité alimentaire, commerce électronique, subventions à la pêche, facilitation de l’investissement et transition écologique.
Dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques, la montée du protectionnisme et l’essor du numérique, ces thématiques ont des implications directes pour la Côte d’Ivoire, notamment en matière d’accès aux marchés, de compétitivité, de diversification des exportations et d’intégration régionale.
Créé en 2015, le CNIC-OMC constitue le cadre national de concertation sur ces questions. Il bénéficie de l’appui de la Banque africaine de développement à travers le Programme d’appui à l’amélioration du climat des affaires pour une transformation structurelle de l’économie ivoirienne (PACA-CI), financé par le Fonds africain de développement.
Définir une position nationale cohérente
L’atelier vise principalement à :
faire le point sur l’état des négociations multilatérales et plurilatérales ;
analyser les implications des principaux dossiers pour l’économie ivoirienne ;
identifier les enjeux spécifiques pour les pays africains et les PMA ;
recueillir les contributions de l’administration, du secteur privé et de la société civile ;
formuler des orientations stratégiques en vue d’élaborer un document national de position.
À l’issue des travaux, les positions provisoires arrêtées seront soumises aux autorités compétentes pour validation avant la CM14.
Appel à une mobilisation nationale
Siriki Tuo, Directeur de la coopération internationale et régionale au ministère du Commerce, a rappelé que le système commercial multilatéral demeure un cadre essentiel pour l’élaboration de règles équitables régissant les échanges internationaux. Il a insisté sur la nécessité d’une préparation technique rigoureuse afin de défendre efficacement les intérêts nationaux.
Le représentant du PACA-CI Gbohi Rodolphe, a pour sa part, réaffirmé l’engagement du programme à accompagner le gouvernement dans le renforcement des capacités de négociation et la mise en œuvre des accords de l’OMC.
Représentant le Directeur général du Commerce extérieur, Ekpan André Assoumou a souligné que le commerce extérieur constitue un levier majeur de croissance pour la Côte d’Ivoire. Malgré un solde commercial redevenu excédentaire en 2024, l’économie reste fortement dépendante des produits primaires, notamment le cacao, ce qui appelle à une transformation structurelle, à la montée en gamme et à une diversification accrue.
Il a rappelé que la Politique nationale du commerce extérieur 2025-2029 ambitionne de faire de la Côte d’Ivoire un acteur majeur du commerce mondial, à travers l’amélioration de la gouvernance, la conquête de nouveaux marchés, la promotion d’un commerce inclusif et durable et le développement du commerce électronique.
Des enjeux stratégiques pour la CM14
Les travaux portéront notamment sur :
la réforme de l’OMC ;
l’agriculture et le coton ;
le commerce électronique ;
les subventions à la pêche (phase II) ;
l’assistance technique et les politiques industrielles pour les pays en développement.
Pour les autorités ivoiriennes, la participation à la CM14 ne doit pas être une simple présence diplomatique, mais une démarche stratégique alignée sur le Plan national de développement et les priorités sectorielles.
Au terme des trois jours d’échanges, un document consolidé de position nationale servira de boussole à la délégation ivoirienne. Message clé des intervenants : dans un commerce mondial en recomposition, la Côte d’Ivoire entend être actrice et non spectatrice.
CAM