Réunis à Abidjan en atelier de validation, les membres du Réseau des organisations de jeunesse pour la nutrition, l’alimentation et le développement durable de Côte d’Ivoire (ROJNAD-CI) ont adopté les grandes orientations de leur plan d’action triennal 2026-2028. Alignée sur les priorités nationales en matière de nutrition, cette feuille de route, dotée d’un budget prévisionnel de 508 millions de FCFA, ambitionne de faire de la jeunesse un acteur majeur de la lutte contre la malnutrition et de la promotion du développement durable.
Le Réseau des organisations de jeunesse pour la nutrition, l’alimentation et le développement durable de Côte d’Ivoire (ROJNAD-CI) a organisé, à Abidjan, un atelier consacré à la validation de son plan d’action triennal 2026-2028. Cette rencontre a réuni des représentants du ministère de la Promotion de la jeunesse, du Conseil national de l’alimentation et de la nutrition (CONANUT), de l’UNICEF et plusieurs organisations de jeunesse.
Prenant la parole, Anne-Sophie Ledain, cheffe de la section Nutrition de l’UNICEF, a appelé à un changement de regard sur la jeunesse. « Pendant longtemps, les jeunes étaient considérés essentiellement comme des bénéficiaires des politiques publiques. Il est temps de les considérer davantage comme des co-constructeurs de ces politiques », a-t-elle déclaré.
Elle a insisté sur la nécessité de tirer les leçons des expériences passées. « Capitaliser, ce n’est pas simplement regarder en arrière. C’est identifier ce qui a fonctionné, comprendre ce qui a moins bien marché, tirer des enseignements des difficultés rencontrées et transformer cette expérience en décisions plus pertinentes pour mieux préparer l’avenir », a-t-elle expliqué.
Pour elle, « un jeune peut être bénéficiaire d’un programme de nutrition, mais il peut aussi être ambassadeur d’une alimentation saine, médiateur communautaire, producteur de contenus numériques ou encore défenseur de l’environnement ».
Avant de conclure : « Nous voulons une jeunesse qui ne se contente pas de recevoir des messages, mais qui les porte ; une jeunesse qui ne se contente pas de participer aux activités, mais qui contribue à leur conception ; une jeunesse qui ne se contente pas de dénoncer les problèmes, mais qui propose des solutions. »
Représentant la Coordonnatrice nationale du CONANUT, Coulibaly Zoumana a, pour sa part, salué la maturité du réseau. « Il y a quatre ans, nous vous avons vus naître. Aujourd’hui, vous faites preuve de professionnalisme en alignant rigoureusement votre plan triennal sur les priorités de l’État de Côte d’Ivoire. Cela augure des actions à fort impact », a-t-il affirmé.
Il a rappelé que « la jeunesse est un acteur incontournable dans la réflexion, la planification et la mise en œuvre du Plan national multisectoriel de nutrition », avant d’assurer que « le CONANUT vous apporte son appui technique et institutionnel. Nous croyons fermement qu’une jeunesse organisée et mobilisée est capable de transformer durablement notre pays. »
Président du ROJNAD-CI, N’Da Gnamien Aimé Ghislain a présenté les grandes orientations du plan stratégique 2026-2028, bâti autour de quatre axes, onze activités et vingt-deux sous-activités pour un budget estimé à 508 millions de FCFA.
« Ce plan a été élaboré sur la base des priorités de l’État de Côte d’Ivoire et de nos engagements internationaux. Il est ambitieux, mais réaliste », a-t-il indiqué.
Parmi les actions prioritaires figurent l’organisation d’un Forum des adolescents et des jeunes sur la nutrition, la formation des jeunes sur l’allaitement maternel ainsi que des campagnes de sensibilisation contre la consommation excessive d’aliments ultra-transformés.
Le président du réseau a justifié cet engagement par le poids démographique de la jeunesse.
« Les jeunes représentent près de 75 % de la population ivoirienne. Améliorer leur état nutritionnel est primordial, car un jeune qui ne s’alimente pas correctement n’aura pas la force de contribuer pleinement au développement de son pays », a-t-il souligné.
Enfin, il a lancé un appel aux pouvoirs publics, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux organisations de jeunesse. « Nous avons des résultats, des preuves de notre engagement et une vision claire. Nous appelons les partenaires à soutenir ce plan et invitons toutes les organisations de jeunesse à rejoindre notre réseau afin de mener ensemble le combat contre toutes les formes de malnutrition en Côte d’Ivoire », a conclu N’Da Gnamien Aimé Ghislain.
MNA