One Health : la Côte d’Ivoire partage son modèle de gestion des alertes sanitaires à Abidjan

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Dans le cadre du One Health Summit – Festival One Health de Lyon, la Plateforme Une Seule Santé Côte d’Ivoire (PLUSS-CI) a organisé, ce jeudi 16 avril 2026, à l’Institut National d’Hygiène Publique (INHP) à Abidjan, un atelier-conférence interactive autour du thème :
« De l’alerte à la coordination : comment One Health s’organise réellement lorsqu’une alerte survient ».
Cette rencontre de haut niveau visait à mettre en lumière l’expertise ivoirienne en matière de coordination multisectorielle face aux urgences sanitaires, à travers l’approche One Health, fondée sur l’interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale.

Panelistes

Une approche intégrée face aux crises sanitaires

Face à la recrudescence des menaces sanitaires émergentes, les participants ont unanimement reconnu la pertinence de l’approche One Health comme cadre stratégique pour renforcer la prévention, la détection précoce et la réponse aux crises de santé publique.
L’atelier a été marqué par la projection d’un film documentaire sur une épidémie de fièvre hémorragique, suivie d’un panel d’experts qui ont partagé des retours d’expérience concrets sur les mécanismes de coordination déployés en Côte d’Ivoire.

Des défis structurels et opérationnels à relever

Intervenant lors du panel, Dr Koko Konan Regina, spécialiste en santé publique, a souligné que la mise en œuvre du concept One Health se heurte à plusieurs défis majeurs.
Elle a notamment évoqué :
le manque d’interopérabilité des systèmes d’information, la nécessité d’un interlocuteur unique pour les populations, ainsi que l’insuffisante harmonisation des ressources et des budgets entre les différents ministères.
Selon elle, la plateforme One Health joue avant tout un rôle de facilitateur, visant à améliorer la communication et la coordination entre les acteurs.

Dans le même sens, Dr Vessaly Kallo, Directeur des services vétérinaires de Côte d’Ivoire, a insisté sur le besoin crucial de renforcement des capacités des experts dans tous les secteurs, ainsi que sur la complexité du suivi des transmissions de maladies entre espèces.
Clarifier les rôles et renforcer la circulation de l’information

Pour Dr Coulibaly Daouda, Directeur scientifique de l’INHP, l’un des principaux enjeux réside dans la clarification des responsabilités à travers des textes réglementaires précis définissant les rôles de chaque acteur.
Il a également mis en avant :
l’importance de la disponibilité et du partage rapide de l’information, la nécessité d’un système d’alerte efficace, et la mise en place d’un commandement coordonné dès la détection d’un risque.
« La préparation se fait en amont. Une fois l’alerte donnée, il faut évaluer le risque pour adapter la réponse », a-t-il expliqué.

L’environnement, maillon essentiel de la prévention

De son côté, Pr Ossey Bernard Yapo, expert en environnement, a rappelé que les facteurs environnementaux jouent un rôle déterminant dans l’émergence des épidémies. citant notamment des facteurs influants: les changements climatiques (températures élevées, inondations), les modifications des écosystèmes, ainsi que l’évolution des agents pathogènes, comme le parasite du paludisme.
Selon lui, « la lutte contre les épidémies passe aussi par l’assainissement de l’environnement et la mise en place de systèmes de surveillance prédictive ».

Le rôle clé de la recherche et de la détection

Intervenant également, Pr Adjogoua Edgard Valéry, chercheur à l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, a mis en avant les avancées en matière de séquençage des virus, permettant aujourd’hui de détecter plus rapidement les agents pathogènes et d’orienter la riposte sanitaire.
« Notre rôle est de rendre visible la présence du virus et de renforcer la capacité du système à y répondre efficacement », a-t-il indiqué.

Une dynamique nationale soutenue par des partenaires internationaux

Clôturant les échanges, Ali Dosso, coordonnateur adjoint de la PLUSS-CI, a salué la mobilisation des acteurs et le soutien des partenaires techniques et financiers.
Il a rappelé que la Côte d’Ivoire figure parmi les pays sélectionnés pour porter cette initiative à l’échelle internationale, soulignant l’engagement du pays à renforcer la gouvernance sanitaire intégrée.

Un engagement renouvelé pour la sécurité sanitaire mondiale
À travers cette initiative, la Plateforme Une Seule Santé Côte d’Ivoire réaffirme sa volonté de promouvoir une approche collaborative et inclusive, essentielle pour faire face aux défis sanitaires actuels et futurs.
L’événement a réuni des décideurs publics, des chercheurs, des organisations internationales, des organisations de la société civile, des partenaires techniques ainsi que des acteurs de terrain, tous engagés dans la promotion de l’approche One Health.

CAM