Dans un entretien exclusif, le Général Michel Gondi Gueu, Ambassadeur de la Paix (Fédération pour la Paix Universelle), Dignitaire de la Paix par le Sport en Côte d’Ivoire (Fédération Ivoirienne de Football), lauréat du Prix Spécial Panafricain ICS (Interafricaine de la Communication et de Sondage 2010-2011) des Restaurateurs de la Démocratie en Côte d’Ivoire et du Prix de l’Association N’ZASSA 2011 « Reconnaissance pour les Actions Fortes à la Restauration de la Paix et de la Solidarité en Côte d’Ivoire », appelle les militants du PDCI-RDA à la discipline, à l’apaisement et à la cohésion face aux récentes convocations en justice concernant le président Tidjane Thiam et certains responsables du parti.
Les convocations en justice concernant le président Tidjane Thiam et certains responsables du PDCI-RDA suscitent beaucoup d’émoi. Quelle est votre réaction ?
Je comprends parfaitement l’émotion que ces convocations peuvent susciter chez nos militants. Le président Tidjane Thiam est le président de notre parti et il est normal que les militants soient attentifs à tout ce qui le concerne. Cependant, je voudrais surtout lancer un appel au calme, à la retenue et à la responsabilité.
Nous devons éviter les réactions passionnelles, les déclarations excessives et tout ce qui pourrait contribuer à aggraver les tensions. La justice doit suivre son cours, et nous devons, en tant que responsables politiques, préserver la sérénité nécessaire.
Le PDCI-RDA est une grande famille politique. Dans une famille, lorsqu’une difficulté survient, on ne se disperse pas. On se rassemble, on se parle et on recherche ensemble les solutions.
C’est pourquoi j’appelle nos militants à rester disciplinés, vigilants mais sereins. La fermeté dans les convictions ne doit jamais exclure la sagesse dans les comportements.
Vous insistez beaucoup sur la discipline. Pourquoi est-elle si importante dans la situation actuelle ?
Je suis un Soldat. Pour moi, autant la discipline fait la force principale des armées, autant, la discipline devrait être la colonne vertébrale de toute organisation surtout une organisation politique sérieuse qu’est le PDCI-RDA. Elle ne signifie pas que nous devons renoncer à nos opinions ou à notre liberté de réflexion. Nous devons faire preuve de discipline active tout en respectant nos textes, nos instances et nos responsables.
Le PDCI-RDA a une histoire de 80 ans. Nous avons reçu un héritage que nous devons préserver. Nous ne pouvons pas, au gré des circonstances, laisser les émotions prendre le pas sur les principes qui ont permis à notre parti de traverser le temps.
C’est pourquoi, je demande aux uns et aux autres, en particulier les cadres et les responsables, de mesurer la portée de leurs propos et de leurs actes.
Nous pouvons avoir des divergences, mais nous ne devons jamais devenir des ennemis au sein du même parti.
Si nous avons des préoccupations, il existe des structures auxquelles nous devons nous adresser. En cas de désaccord sur certains sujets, nous devons privilégier le dialogue, concept politique fondamental légué par le président Félix Houphouët-Boigny, père de la nation ivoirienne et fondateur du PDCI-RDA. En cas de positions tranchées, nous devons recourir à la médiation.
C’est cela pour moi, la discipline militante qui doit être la force principale de notre parti.
Vous avez également évoqué le recours aux Doyens du parti. Quel rôle peuvent-ils jouer ?
Je pense que nous devons davantage nous appuyer sur l’expérience de ceux qui ont connu les différentes étapes de l’histoire de notre parti.
Nos Anciens constituent une mémoire vivante du PDCI-RDA. Ils ont connu les crises, les périodes de doute, les moments difficiles, mais aussi les grandes victoires du parti. Leur expérience doit être considérée comme une richesse.
Dans les moments de tension, il est toujours utile de prendre conseil auprès de ceux qui ont suffisamment de recul pour désamorcer les passions du moment.
Je souhaite ardemment que nous retrouvions cette culture de l’écoute, du dialogue et de la médiation. Les Anciens peuvent contribuer à rapprocher les positions, à apaiser les incompréhensions et à rappeler à chacun les valeurs fondamentales qui nous rassemblent.
Que nul ne cherche à avoir raison de l’autre. Nous devons chercher à avoir raison pour le parti.
Le recours aux Anciens ne signifie nullement que nous remettons en cause les instances dirigeantes du parti. Au contraire, il s’agit de mettre leur expérience au service de la cohésion.
Certains estiment que ces tensions pourraient fragiliser le PDCI-RDA. Êtes-vous inquiet pour l’unité du parti ?
Je suis préoccupé par toute situation susceptible de créer des divisions, cependant je reste profondément confiant en la capacité du PDCI-RDA de rebondir.
Notre parti a connu bien des épreuves au cours de son histoire. Il a toujours su se relever parce qu’il existe, au-delà des personnes, une conscience collective qui fait du PDCI-RDA un Esprit, un Esprit que nul ne peut plagier.
Aujourd’hui, nous devons nous rappeler une chose essentielle : le parti est plus grand que chacun de nous.
Le président Tidjane Thiam a une responsabilité dans la conduite du parti. Les vice-présidents, les membres des instances, les élus, les cadres et les militants ont également leurs responsabilités. Nous devons tous agir avec discernement.
L’intérêt commun doit primer sur les intérêts individuels, les susceptibilités et les ambitions personnelles.
Quel message adressez-vous aujourd’hui aux militants du PDCI-RDA et particulièrement à ceux qui sont préoccupés par la situation du président Tidjane Thiam ?
Aux uns et aux autres, je demande d’observer le calme tout en restant mobilisés, disciplinés et confiants.
Nous devons soutenir notre parti sans tomber dans la provocation. Nous devons défendre nos convictions sans insulter ni agresser ceux qui ne pensent pas comme nous. Nous devons faire preuve de vigilance sans céder à la panique.
Je lance surtout un appel à la cohésion.
Le PDCI-RDA est notre maison commune. Cette maison a été bâtie par plusieurs générations de militants. Nous avons le devoir de la protéger et de la transmettre aux générations futures.
Que chacun accepte donc de faire preuve de sagesse. Que ceux qui ont des responsabilités privilégient le dialogue. Que nos Anciens soient davantage sollicités. Aussi, il faut éviter les surenchères sur les réseaux sociaux et dans les médias.
Le plus important pour moi, c’est l’avenir de notre beau pays, la Côte d’Ivoire et celui de notre grand parti, le PDCI-RDA.
Je souhaite que nous retrouvions rapidement la sérénité, que nous nous parlions davantage et que nous restions unis autour de l’essentiel. Le PDCI-RDA a besoin de tous ses enfants. C’est ensemble, dans la discipline, la sagesse, la fraternité et la cohésion, que nous préserverons son héritage et construirons son avenir.
Propos recueillis par E. DE TOTA