C’est un ennemi invisible, silencieux, mais qui menace la médecine moderne dans ce qu’elle a de plus fondamental. Imaginez un monde où une simple coupure au doigt, une infection après un accouchement ou une fièvre ordinaire chez un enfant ne pourraient plus être soignées parce que les médicaments ne font plus effet. Ce scénario n’est pas de la science-fiction : c’est le défi de la résistance aux antimicrobiens, cette capacité qu’ont les microbes à s’adapter et à survivre à nos traitements.
Pour faire face à ce péril qui menace autant l’humain que le bétail et la nature, les experts ivoiriens ont choisi de faire tomber les barrières. Réunis à Abidjan, médecins, vétérinaires, agronomes et défenseurs de l’environnement ont relancé le Groupe Technique de Travail (GTT-RAM). Leur boussole ? Une idée d’une humanité profonde : la stratégie « Une Seule Santé ». Parce qu’on ne peut pas soigner les hommes si l’on ignore la santé des animaux qui les nourrissent et de la terre qui les porte.
Sortir des laboratoires pour protéger le quotidien
Lors de l’ouverture de cette rencontre, M. Dosso Ali, Coordonnateur adjoint de cette alliance, a rappelé avec justesse que cette mobilisation n’est pas un simple exercice théorique pour scientifiques. C’est un bouclier pour la santé publique :
« La lutte contre l’antibiorésistance constitue un enjeu majeur pour la santé humaine, animale et environnementale. Cette réunion marque une nouvelle étape […] pour relever les défis sanitaires actuels. » a – t – il indiqué.
Le constat est partagé par le Dr Mama Djima, qui a rappelé le chemin parcouru depuis 2019. Pour elle, consolider ce réseau, c’est s’assurer que chaque décision prise en haut repose sur les réalités du terrain, pour que les centres de santé comme les villages soient mieux armés et mieux informés.
Un combat de mères, de chercheurs et de citoyens
Porter ce combat demande de la rigueur, mais surtout de la passion. C’est ce qu’incarne le Professeur Guessennd Nathalie, figure de proue de cette lutte en Côte d’Ivoire et désormais à la tête du présidium de ce groupe restructuré (épaulée par le Dr Tolla Leatitia au secrétariat). Ses mots sonnent comme un appel de détresse mais aussi d’espoir :
« Des efforts considérables ont été consentis […]. Toutefois, de nombreux défis subsistent. La résistance aux antimicrobiens constitue aujourd’hui une véritable menace ; notre mobilisation collective est indispensable. » lance – t– il en guise d’appel.
En révisant le Plan d’action national, ces femmes et ces hommes de science ne cherchent pas seulement à aligner des données dans un ordinateur ou à nourrir les bases de données mondiales de l’OMS. Ils cherchent des solutions concrètes : éviter l’usage abusif des antibiotiques dans nos élevages, protéger nos eaux des résidus chimiques, et réapprendre à chacun d’entre nous l’importance de ne pas s’automédiquer.
À l’issue de ces travaux, la Côte d’Ivoire ouvre un nouveau chapitre de sa sécurité sanitaire. En apprenant à travailler ensemble, les gardiens de notre santé nous rappellent une leçon essentielle : face à la maladie, le salut de l’Homme est indissociable de celui de tout son environnement.
CAM