ABIDJAN NEWS
Site de traitement des informations générales sur le plan local et international.
Listen to this article

Affaire des 39 milliards à la DGI : le DG des Impôts prend les devants et ordonne une vaste enquête

126

- VOTRE PUB ICI-

Listen to this article

Alors qu’une plainte du Syndicat des agents des Impôts (SAGI) relance la polémique autour d’un présumé détournement de 39 milliards de FCFA lié à des dégrèvements et exonérations fiscales, des sources proches du dossier affirment que le Directeur général des Impôts avait déjà saisi l’Inspection générale des services fiscaux pour faire toute la lumière sur les faits. Une enquête interne est en cours et ses conclusions sont attendues. La mise en cause directe du DG, en l’absence de résultats d’enquête, apparaît dès lors prématurée.

Abidjan le 28 juillet 2026, selon une Source bien introduite à la DGI, L’affaire présumée de détournement portant sur près de 39 milliards de FCFA, liée à des opérations de dégrèvements et d’exonérations fiscales, continue d’alimenter les débats. Alors qu’une plainte du Syndicat des agents des Impôts (SAGI) auprès du Pôle pénal économique et financier a récemment été relayée par un média en ligne, des précisions recueillies par notre rédaction tendent à relativiser certaines informations diffusées sur le dossier, notamment celles mettant en cause la Direction générale des Impôts (DGI) et son premier responsable.

Selon une source proche du dossier et les informations recueillies auprès de la DGI, le Directeur général des Impôts aurait lui-même pris les devants dès qu’il a été informé de possibles irrégularités. Il aurait ainsi instruit l’Inspection générale des services fiscaux de mener une mission de contrôle et d’audit dans l’ensemble des postes comptables de la DGI. Cette décision aurait été annoncée devant les membres du Comité de direction élargi, dans le cadre du séminaire-bilan annuel sur les objectifs, tenu à Yamoussoukro.

La mission confiée aux inspecteurs vise notamment à examiner les opérations concernées, à établir les éventuels niveaux de responsabilité, à identifier les personnes qui pourraient être impliquées ou avoir facilité d’éventuelles irrégularités et, le cas échéant, à proposer les sanctions appropriées.

À ce jour, les conclusions définitives de cette inspection générale seraient toujours attendues. Parallèlement, certains agents soupçonnés de collusion frauduleuse auraient été placés en détention préventive et demeureraient dans l’attente de leur jugement. Une situation qui, selon notre source, appelle à la prudence dans l’appréciation des responsabilités, la présomption d’innocence demeurant un principe fondamental.

La même source indique par ailleurs qu’une cellule de veille aurait été mise en place afin d’assurer un suivi quotidien des opérations de dégrèvement et d’exonération, dans le but de renforcer les mécanismes de contrôle et de sécurisation des procédures.

Sur la question de la signature électronique qui aurait été falsifiée, des précisions sont également avancées. Contrairement à certaines informations relayées, la signature électronique évoquée dans le dossier ne serait pas directement détenue par le Directeur général des Impôts. Selon cette source, certains actes fiscaux relèveraient plutôt de dispositifs de signature et de sécurisation placés sous la responsabilité des directeurs régionaux.

Dans ce contexte, la mise en cause directe du Directeur général des Impôts apparaît, à ce stade, prématurée, d’autant que l’enquête administrative et les procédures judiciaires suivent leur cours. Les résultats de l’Inspection générale des services fiscaux sont notamment attendus pour permettre de mieux cerner la réalité des faits, les éventuels préjudices et les responsabilités individuelles.

Pour ses proches, le Directeur général des Impôts aurait, depuis sa prise de fonction, fait de la lutte contre la corruption et le renforcement des mécanismes de contrôle une priorité de son action. Ils estiment dès lors que les accusations mettant directement en cause sa responsabilité doivent être étayées par des éléments probants et ne sauraient reposer sur de simples soupçons ou des interprétations.

En attendant les conclusions des enquêtes, une chose demeure : le montant de 39 milliards de FCFA évoqué dans cette affaire, tout comme les responsabilités éventuelles, devront être établis sur la base de faits vérifiés et de procédures régulières. La prudence reste donc de mise, alors que les investigations se poursuivent.

 

Envoyé spécial

Murtada Nanzif Adekunle