Trentenaire du CNDJ : la Justice ivoirienne célèbre trois décennies de documentation juridique et se projete pour l’avenir
Trente années après sa naissance, le Centre National de Documentation Juridique (CNDJ) s’apprête à souffler ses bougies avec l’ambition de ne pas se contenter de regarder en arrière. Mercredi 9 septembre 2026, à l’Hôtel Palm Club de Cocody, responsables judiciaires, universitaires, professionnels du droit et journalistes se sont réunis pour le lancement officiel des festivités du trentenaire de l’institution, autour d’une question qui a donné le ton des échanges : quelle contribution le CNDJ peut-il encore apporter à la consolidation de l’État de droit en Côte d’Ivoire ?
Une mémoire construite pierre par pierre
Né en 1995 du décret n°95-470 du 15 juin, le CNDJ s’était vu confier une mission a priori simple : collecter, conserver, traiter et diffuser l’information juridique et judiciaire. Trois décennies plus tard, cette mission a pris une ampleur considérable. Le Centre conserve aujourd’hui plus de 7 000 ouvrages physiques et 43 222 références numériques, consultés plus de 50 000 fois chaque année en ligne — la preuve, s’il en fallait une, qu’un centre de documentation peut aussi être un lieu vivant.
« Le CNDJ, c’est la mémoire du droit en Côte d’Ivoire », a résumé son Directeur général, Bamba Nanourou, Magistrat Hors Hiérarchie, insistant sur la nécessité de préserver cet héritage tout en s’adaptant aux besoins actuels des usagers.
Une position unique, mais des ambitions à réaffirmer
Représentant le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Jean Sansan Kambilé, le directeur de cabinet Bernard Kouassi a tenu à souligner ce qui, selon lui, fait la singularité du Centre. « L’avantage du CNDJ, c’est que le CNDJ a un accès direct à la source », a-t-il relevé, invitant l’institution à préserver cet atout tout en renforçant sa capacité à nourrir la réflexion juridique.
Car pour le représentant du ministre, l’époque où il suffisait de collecter lois, décrets, arrêtés et décisions de justice est révolue. « Le CNDJ doit susciter la pensée juridique, la réflexion juridique pour pouvoir produire la documentation », a-t-il plaidé, esquissant les contours d’un centre appelé à devenir producteur d’idées autant que gardien d’archives.
Un programme scientifique tourné vers demain
Cette ambition irrigue tout le programme scientifique du trentenaire. Le Pr Jean Paul Koffi, président du comité scientifique, a détaillé plusieurs axes de réflexion : transformation numérique, intelligence juridique, sécurité des affaires, sécurisation des relations de travail. Autant de chantiers destinés, selon lui, à faire de l’information juridique « un véritable levier de consolidation de l’État de droit, de sécurisation des activités économiques et d’amélioration des pratiques professionnelles ».
La jeunesse universitaire au cœur de la célébration
Le trentenaire ne sera pas qu’une affaire d’institutions et de discours. Un Concours national de plaidoirie rassemblera des étudiants venus des universités publiques et privées, des facultés et des grandes écoles de droit de tout le pays, avec une finale programmée le 24 novembre 2026.
À travers cette initiative, le CNDJ entend cultiver chez les futurs juristes le goût de la recherche, de l’analyse, de l’argumentation et de l’art oratoire — tout en rapprochant, dès les années d’études, le monde universitaire du monde judiciaire et professionnel.
Une semaine de célébration, du 23 au 28 novembre
Du 23 au 28 novembre 2026, la semaine du trentenaire déploiera un programme dense : cérémonie officielle, panels scientifiques, concours de plaidoirie, portes ouvertes, activités sportives et culturelles, et dîner de gala. Le Centre de Documentation et d’Information Juridique du Bénin sera l’invité spécial de cette célébration, signe d’une volonté d’ouverture régionale.
Après trois décennies consacrées à préserver la mémoire du droit ivoirien, le CNDJ veut désormais faire de cette mémoire un outil plus accessible, plus moderne et plus utile. Une manière de rappeler qu’en matière de justice, conserver le droit, c’est aussi préparer les moyens de mieux le faire vivre demain.
CAM



