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Vers un nouvel organe électoral : la Côte d’Ivoire cherche son modèle de confiance

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Pendant deux jours, du 24 au 25 septembre 2026, le Centre de Recherche et d’Action pour la Paix (CERAP), en partenariat avec la Fondation Konrad-Adenauer (KAS), a réuni au campus de l’Université Jésuite d’Abidjan à Cocody plus de cent participants — représentants des institutions étatiques, missions diplomatiques, partis politiques et société civile — autour d’une question sensible : quel modèle institutionnel pour des élections crédibles, inclusives et apaisées en Côte d’Ivoire ?

Un diagnostic partagé, un besoin de confiance

La première journée, consacrée au dialogue et au diagnostic, s’est ouverte sur une conférence inaugurale du Professeur Bah Henri, suivie de trois panels thématiques portant sur l’architecture institutionnelle, la confiance entre acteurs politiques et l’inclusion des femmes et des jeunes dans la gouvernance électorale. Intervenants et public se sont accordés sur un constat : la Côte d’Ivoire, qui a vu se succéder la Commission Nationale Électorale en 2000 puis la Commission Électorale Indépendante instituée par la loi de 2001, doit aujourd’hui repenser en profondeur son organe de gestion des élections pour restaurer la confiance entre citoyens et institutions.

Le Professeur Djedjro Francisco Méledje, doyen honoraire de la faculté de droit de l’université FHB et représentant de la Conférence épiscopale de l’Église catholique de Côte d’Ivoire, a résumé l’esprit des échanges en une formule : « Toutes les propositions convergent vers le mot-clé : des valeurs. »

Des ateliers pour transformer le diagnostic en recommandations

La seconde journée a pris la forme d’ateliers, organisant les participants en groupes de travail d’une dizaine de personnes autour de cinq questions structurantes : le profil et le mode de sélection des futurs responsables de l’organe de gestion des élections (OGE), les garanties de son autonomie, la fiabilité et la mise à jour de la liste électorale, le traitement du contentieux électoral, et l’organisation de l’éducation civique en matière électorale. Les conclusions doivent être consolidées dans un livre blanc destiné à l’ensemble des parties prenantes à la réforme en cours.

« La confiance ne se décrète pas, elle se construit »

Au terme des travaux, le père Fidèle Ingiyimbere, enseignant-chercheur à l’Université jésuite et président du comité scientifique du symposium, a insisté sur le caractère progressif de la construction démocratique ivoirienne, comparant la maturation d’une culture politique à la croissance d’un enfant qui apprend d’abord à s’asseoir avant de marcher. Il a par ailleurs plaidé pour une éducation civique électorale qui dépasse la seule pédagogie du vote, en insistant sur l’acceptation du pluralisme politique : avoir une opinion différente ne fait pas de l’autre un ennemi.

L’imam Ibrahima Koné, de la mosquée d’Abobo et président d’une plateforme de la société civile pour l’observation des élections, a pour sa part appelé les communautés religieuses à jouer un rôle de pacification à l’approche des prochaines échéances électorales, appelant les Ivoiriens à se faire mutuellement confiance plutôt que de chercher des arbitrages extérieurs.

 

CAM