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Cour des comptes : Mathieu Katchia interpelle le pouvoir sur le suivi des rapports et la performance de la dépense publique

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Trois ans de rapports, zéro réaction visible. Le cadre du PDCI-RDA, conseiller municipal à Cocody, dénonce un silence qu’il juge devenu intenable.

 

Les audits s’empilent, les réponses se font attendre. Mathieu Katchia, cadre du PDCI-RDA, conseiller municipal à Cocody et candidat déclaré aux législatives de 2025, a décidé de rompre le silence. Sa cible : l’inaction des autorités face aux révélations répétées de la Cour des comptes. À ses yeux, la gestion des deniers publics ne peut plus se limiter à un exercice de style administratif.

 

 

Il a épluché les rapports sur les exercices 2023, 2024 et 2025. Le constat est sans appel : entre ce que disent les juges financiers et ce que font les pouvoirs publics, un fossé s’élargit. Les anomalies s’accumulent, mais personne ne répond.

 

« Pendant trois ans, la Cour des comptes parle. Pendant trois ans, personne ne répond », martèle-t-il.

 

Il réclame donc un véritable mécanisme de suivi. Chaque observation des magistrats, estime-t-il, doit déboucher sur des sanctions ou des mesures correctives que les citoyens puissent constater.

 

Parmi les points qui le troublent, le sort des recettes liées aux Cartes nationales d’identité (CNI) et aux passeports. Le rapport fait état d’à peine 792 000 FCFA versés au Trésor public à ce titre. Le ministère invoque l’externalisation de l’émission et du recouvrement. L’argument ne l’a pas convaincu.

 

Il demande une clarification complète sur ces flux, sur le rôle des prestataires privés et sur les circuits de reversement. Pour lui, les Ivoiriens ont le droit de savoir où va l’argent perçu lors de la délivrance de leurs documents officiels.

 

Autre sujet d’inquiétude : l’endettement. En avril 2026, le président de la Cour des comptes, Kanvaly Diomandé, rappelait que le ratio d’endettement dans l’espace UEMOA est passé d’environ 32 % du PIB en 2015 à 62,5 % en 2025.

 

Mathieu Katchia ne conteste pas le principe de l’emprunt. C’est son rendement qu’il interroge.

 

« S’endetter pour financer le développement peut être nécessaire. Mais il faut pouvoir démontrer ce que ces ressources produisent en matière d’infrastructures, d’emplois, de santé, d’éducation et d’amélioration des conditions de vie », tranche-t-il.

 

Pour l’élu, la Côte d’Ivoire doit passer « du constat à l’action, du rapport au suivi et de la dépense à la performance ». L’argent public doit servir le quotidien des populations, non nourrir des colonnes de chiffres sans effet.

 

« Verba volant, scripta manent : les paroles s’envolent, les écrits restent. Mais en matière de gestion publique, les actes doivent suivre les écrits », conclut-il.

 

Le message est adressé au gouvernement. Reste à savoir si, après trois ans de rapports, le contribuable obtiendra enfin autre chose que des promesses : des comptes.

 

**Josué Koffi**