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Emploi et Mines en Côte d’Ivoire : Le CACES, ce sésame méconnu qui peut sauver la jeunesse

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 DIVO — Alors que la Côte d’Ivoire accélère la diversification de son économie en misant sur l’exploitation minière et les grands travaux d’infrastructures, un constat alarmant vient d’être dressé sur l’employabilité des jeunes : moins de 10 % d’entre eux possèdent le Certificat d’Aptitude à la Conduite En Sécurité (CACES).

​C’est le cri du cœur poussé ce vendredi 30 octobre 2026 à Divo par Silué Lognon Angelo, expert en formation et conduite de gros engins, lors d’un entretien accordé à la presse.

​🚫 80 % des jeunes ignorants d’une opportunité en or

​Sur le terrain, la réalité est frappante. D’après une étude menée par l’expert et ses équipes, près de 80 % de la jeunesse ivoirienne n’a jamais entendu parler du CACES.

​« Vous allez croiser dix jeunes dans les rues, neuf vont vous demander : c’est quoi le CACES ? », déplore Silué Angelo. « Plus de 80 % ne l’ont pas. Or, sans CACES, vous ne pouvez pas participer à l’exploitation de vos ressources minières ni approcher un grand chantier de BTP. »

 

​Délivré à l’issue d’une formation qualifiante et accompagné d’un permis, le CACES fait d’un apprenant un opérateur certifié. Il atteste de la capacité à manipuler en toute sécurité des engins lourds et extrêmement coûteux : pelles hydrauliques (poclain), bulldozers, tombereaux (dumpers), niveleuses, compacteurs ou encore grues.

​⛏️ Une clé pour intégrer l’économie nouvelle

​Cette méconnaissance intervient à un moment stratégique. Le gouvernement ivoirien, à travers le ministère des Mines et de l’Énergie, intensifie l’exploitation légale des ressources du sous-sol (or, diamant, cobalt).

​De la construction routière à l’extraction minière, en passant par le concassage en carrière ou le décapage forestier, le besoin en opérateurs qualifiés est immense. Pour l’expert, la sécurité des machines, des hommes et de l’environnement exige une rigueur que seul le CACES peut garantir.

​🎓 Une formation inclusive et accessible à tous

​Pour combler ce fossé, Silué Angelo oriente la jeunesse vers Global Impact Group Africa (GIGA), un centre spécialisé qui dispense des formations en conduite d’engins et en Qualité Hygiène Sécurité Environnement (QHSE).

​Déjà implanté à Oumé et en cours d’installation à Divo, GIGA prévoit de déployer ses antennes à Bouaké, Korhogo, Séguéla, Tengréla et Doropo.

​Le programme se veut particulièrement inclusif :

    • ​Durée d’un mois pour les personnes alphabétisées.
    • ​Durée de deux mois pour les non-scolarisés.

​« Ce certificat fait office de diplôme pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Une fois certifié, le jeune devient immédiatement opérationnel sur le marché du travail », précise le formateur.

​🏛️ L’appel pressant aux autorités : « Des bulldozers au lieu des dabas »

​Riche d’un parcours exemplaire — formé au lycée professionnel de Jacqueville, diplômé en ingénierie mécanique puis perfectionné au Mali et en Tunisie —, Silué Angelo invite le Ministère de la Jeunesse, de l’Emploi et du Service Civique à soutenir ces initiatives de formation professionnelle.

​Pour lui, le virage vers la modernisation du travail est une urgence nationale :

​« Une jeunesse sans qualification est une jeunesse vouée à l’échec. Si nous voulons une Côte d’Ivoire nouvelle, si nous voulons une jeunesse impliquée dans son développement, il vaut mieux leur donner des bulldozers, des pelles hydrauliques et des tombereaux, au lieu de leur donner des houes et des dabas. »