AFFAIRE MUTADAFP : 800 VICTIMES ET 4 MILLIARDS DE FCFA S’ENVOLENT, LES SOUSCRIPTEURS EXIGENT UN REMBOURSEMENT IMMÉDIAT
Le mouvement citoyen « Les Chapeaux Rouges » et le collectif des souscripteurs ont tenu une déclaration à la presse ce mardi 13 octobre 2026 à Abidjan. Au cœur des échanges : un préjudice financier estimé à 4 milliards de FCFA issu d’un scandale foncier lié à la Mutuelle des agents du ministère de l’Économie et des Finances (MUTADAFP). Face à la sourde oreille des responsables et aux promesses non tenues, les victimes exigent désormais le remboursement pur et simple de leurs fonds.
Le drame social touchant les souscripteurs du projet immobilier et foncier de la MUTADAFP prend une tournure de plus en plus dramatique. Réunis autour de Kahié Kunta, porte-parole des victimes et président du mouvement « Les Chapeaux Rouges », ainsi que de Traoré Seydou, représentant du collectif des victimes, plusieurs dizaines de souscripteurs sont venus témoigner du calvaire qu’ils vivent depuis plusieurs années.
Un préjudice colossal et un gouffre institutionnel
Le bilan dressé par les conférenciers est lourd : près de 800 personnes, agents de l’État comme souscripteurs externes, ont engagé l’épargne de toute une vie dans l’espoir d’acquérir des terrains nus ou des logements sociaux sur différents sites (notamment à Bingerville, Songon et Grand-Bassam). Aujourd’hui, le montant global du préjudice s’élève à 4 milliards de FCFA.
Malgré des versements intégraux effectués pour la plupart depuis 2021 sur les comptes bancaires attribués à la mutuelle (notamment à NSIA Banque), aucun des souscripteurs n’a pu entrer en possession de son bien.
Selon les révélations faites lors de la conférence, les démarches entamées auprès des instances dirigeantes et des structures partenaires (notamment Fortezza Immobilier, Al Sanogo, Atil Group et Tect Immobilier) sont restées vaines. Plus grave encore, les victimes dénoncent une faille béante de gouvernance au sein d’une mutuelle gérée par des cadres de la haute administration publique : la signature des chèques et les mouvements financiers étaient sous le contrôle exclusif d’une seule personne, l’ancien président de la mutuelle, M. Gnandé Bloa Abel, aujourd’hui incarcéré.
Rencontres infructueuses et fuite de responsabilité
Au lendemain d’un entretien à huis clos avec le Directeur des Affaires Financières (DAF) du ministère des Finances — le seul responsable institutionnel à avoir accepté de les recevoir —, le constat reste amer. Les échanges avec le nouveau comité ad hoc et les représentants de la mutuelle n’ont abouti à aucune solution concrète.
« Au cours des échanges, chacun a semblé décliner sa responsabilité en invoquant l’incarcération de l’ancien président et le fait que le dossier soit entre les mains de la justice », a déploré Kahié Kunta.
Une posture rejetée par les victimes, qui rappellent que la procédure judiciaire ne saurait effacer l’urgence sociale. Désormais, la confiance est définitivement rompue : les souscripteurs refusent catégoriquement toute proposition de recasement ou de réattribution de nouveaux terrains et exigent une réponse financière claire. « Ce que nous voulons, c’est notre argent ou rien », a martelé le porte-parole.
Drames humains et appel solennel au Chef de l’État
Derrière les chiffres se cache une détresse humaine profonde. Les témoignages poignants livrés au cours de la rencontre mettent en lumière des foyers brisés, des pathologies graves développées sous le coup du stress, et des ménages financièrement ruines. Certains souscripteurs ont même vu leurs parcelles revendues à leur insu ou détruites par des engins de chantier sous leurs yeux impuissants.
Bien que des courriers avec accusé de réception aient été transmis à la Primature, à la Présidence de l’Assemblée nationale et au Ministère des Finances sans suite satisfaisante à ce jour, le collectif ne perd pas espoir dans les institutions de la République.
Les souscripteurs lancent un appel solennel à Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, afin qu’il se saisisse personnellement du dossier pour garantir la protection de leurs droits et ordonner la réparation intégrale des préjudices subis.
Alors qu’une audience décisive est annoncée pour le 21 octobre prochain, les victimes et le mouvement « Les Chapeaux Rouges » promettent de maintenir la pression et d’accompagner chaque souscripteur dans le respect des voies légales jusqu’au recouvrement total de leurs fonds.
CAM



