Éric Taba : « Chapeau aux Éléphants, mais notre football souffre encore du syndrome du petit poteau »
À la fondation Tous pour Cocody, après l’élimination de la Côte d’Ivoire face à la Norvège (2-1) en seixième de finale du Mondial 2026, Éric Taba a livré à chaud ses impressions sur la prestation des Éléphants ce 30 juin. Entre fierté et lucidité, il n’a pas mâché ses mots sur ce qu’il considère comme le mal chronique du football ivoirien : l’incapacité à conclure les actions par des buts.
« On a dominé, mais on n’a pas su tuer le match »
Visiblement encore marqué par la défaite, Éric Taba a d’abord tenu à saluer la prestation de l’équipe nationale, tout en reconnaissant l’amertume de l’élimination.
« On a perdu dignement, même s’il aurait mieux valu gagner ce match. On a dominé en grande partie la rencontre, mais les Norvégiens nous attendaient », a-t-il confié.
Pour lui, le problème ne se situe pas dans la maîtrise du jeu, largement à l’avantage des Ivoiriens, mais dans le dernier geste. Une lacune qu’il attribue à un mal plus profond, enraciné dans la formation des jeunes joueurs.
Le « syndrome du petit poteau », plaie du football ivoirien
Éric Taba a saisi l’occasion pour pointer du doigt une pratique qu’il juge responsable des difficultés offensives des Éléphants : le jeu au petit but, très populaire dans les quartiers, qui privilégierait la garde du ballon au détriment du tir au but.
« C’est ça, le problème. En réalité, le football ivoirien, on joue au petit poteau. Quand je regarde les jeunes joueurs aujourd’hui, on veut garder le ballon avant de marquer. C’est devenu la base de notre football », a-t-il déploré.
Il en veut pour preuve les propos qu’il dit avoir relevés sur les réseaux sociaux, où le ministre des Sports aurait lui-même appelé les joueurs à davantage tirer au but. Pour Éric Taba, la solution passe par une révolution dans la formation dès le centre de formation : « Il faut faire en sorte que, dès le plus jeune âge, on shoote au but. »
Un regard critique, mais sans concession, sur le gardien
L’ancien joueur n’a pas non plus épargné la prestation du gardien ivoirien, qu’il estime en partie responsable du but concédé en fin de match.
« Quand un joueur fait une faute, ça arrive, le gardien est là pour réparer. Sur ce but, je suis désolé, il n’était pas dans le temps. Il y a une action qu’il ne devait pas laisser rentrer », a-t-il regretté, tout en assumant la sévérité de son jugement.
Une équipe à retoucher, mais des raisons d’espérer
Malgré ces critiques, Éric Taba garde une lecture positive de l’avenir des Éléphants, convaincu que quelques ajustements suffiraient à en faire l’un des favoris de la prochaine CAN.
« Chapeau aux Éléphants, ils ont bien joué. Je pense que si on remplace une ou deux personnes, à la prochaine CAN, on sera déjà parmi les favoris », a-t-il conclu.



