Fête du Travail 2026 : la Centrale Humanisme célèbre les acquis du dialogue social et relance ses revendications
À l’occasion de la célébration de la Fête du Travail, la Centrale syndicale Humanisme a tenu, ce 1er mai 2026, son traditionnel rassemblement à la Bibliothèque du Plateau à Abidjan. Une mobilisation marquée par une forte affluence des adhérents et un plaidoyer renouvelé en faveur de meilleures conditions de travail en Côte d’Ivoire.
Une mobilisation nationale et des acquis salués
Prenant la parole, le Secrétaire général de la centrale, Soro Mamadou, a salué la forte mobilisation des militants :
« Plus de 2 400 adhérents ont répondu à l’appel ici, et des dizaines de milliers de travailleurs sont mobilisés à travers nos 32 sections à l’intérieur du pays. »
Il a inscrit cette célébration dans une dynamique de reconnaissance des avancées obtenues grâce au dialogue social, notamment entre le gouvernement, le patronat et les organisations syndicales. Parmi les acquis majeurs évoqués figurent la ratification par l’État ivoirien de plusieurs conventions de l’Organisation internationale du Travail, dont :
la convention 122 sur la politique de l’emploi,
la convention 176 relative à la sécurité dans les mines,
la convention 188 sur le travail dans la pêche,
et la convention 189 sur le travail domestique.
Selon lui, ces instruments juridiques renforcent la promotion du travail décent et structurent des secteurs clés pourvoyeurs d’emplois.
Le responsable syndical a également mis en avant des avancées sociales notables, notamment la revalorisation de certaines prestations, l’amélioration des pensions et la mise en place du régime social des travailleurs indépendants, permettant aux acteurs du secteur informel d’accéder à une couverture sociale et à une retraite.
Des revendications pour accélérer les réformes
Au-delà du bilan, la Centrale Humanisme a profité de cette tribune pour formuler plusieurs doléances. Elle appelle notamment à :
l’opérationnalisation effective de l’organisme tripartite de gestion du travail,
la révision de certains articles du projet de loi sur la biologie médicale, afin d’élargir les possibilités d’exercice pour les techniciens et ingénieurs,
la sécurisation des emplois dans le secteur du nettoyage urbain à Abidjan, face aux risques de licenciements,
et la création d’une « Maison du travailleur » pour renforcer le dialogue social et la collecte de données sur l’emploi.
« Plus le pouvoir d’achat des travailleurs s’améliore, mieux se porte l’économie nationale. Nous restons engagés pour une Côte d’Ivoire prospère, portée par un dialogue social constructif », a insisté Soro Mamadou.
Le gouvernement réaffirme son engagement
Représentant le ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, la conseillère technique Bony Isabelle a salué l’engagement des travailleurs et des syndicats :
« Le 1er mai est bien plus qu’une célébration. Il incarne notre reconnaissance envers celles et ceux qui contribuent chaque jour à l’édification de la nation. »
Au nom du ministre Adama Camara, elle a réaffirmé la volonté du gouvernement de consolider les acquis sociaux et de poursuivre les réformes engagées en matière d’emploi, de formation professionnelle et de protection sociale.
Elle a notamment mis en exergue :
l’élargissement de la couverture sociale,
la montée en puissance de la Couverture Maladie Universelle,
la revalorisation des pensions des retraités,
et les efforts de formalisation de l’économie.
Elle a également encouragé l’adhésion au régime social des travailleurs indépendants, soulignant qu’il constitue « un levier essentiel de réduction des vulnérabilités sociales ».
Un appel à une paix sociale durable
Dans un contexte de transformation du monde du travail, les deux parties ont insisté sur la nécessité de préserver un climat de paix sociale, condition essentielle à l’attractivité économique du pays.
Cette célébration 2026 de la Fête du Travail aura ainsi servi de cadre à la fois pour dresser le bilan des avancées sociales et pour tracer les perspectives d’un dialogue social renforcé, au service d’un développement inclusif en Côte d’Ivoire.
CAM



