Carte de commerçant : l’État accélère la formalisation du secteur avec une vaste opération nationale
Réunis à Abidjan ce 29 avril 2026, autorités publiques, concessionnaire et organisations professionnelles de commerçants ont fait le point sur la situation financière du projet de Carte de commerçant et préparé le lancement d’une opération nationale d’identification des opérateurs économiques, prévue de mai à août 2026.
Un dispositif relancé après des débuts difficiles
Instaurée pour formaliser les activités commerciales et améliorer la régulation du commerce intérieur, la Carte de commerçant peine encore à atteindre ses objectifs initiaux. Lancé en 2020, le premier dispositif a été freiné par la pandémie de COVID-19, un cadre juridique jugé insuffisant et une faible appropriation par les acteurs.
La réforme engagée avec le décret de juin 2024 marque un tournant décisif : la carte devient désormais obligatoire, adossée au Fichier National des Commerçants et Entreprenants (FNCE), conditionnant l’accès aux financements, marchés publics et programmes étatiques.
À fin janvier 2026, 465 879 opérateurs ont été enregistrés, dont 127 457 en règle. Un niveau jugé encourageant, mais encore insuffisant.
Une opération nationale pour changer d’échelle
Pour accélérer la dynamique, une opération d’identification de masse sera déployée sur tout le territoire, avec des équipes de terrain chargées de recenser, géolocaliser et enrôler les commerçants.

« Notre objectif est d’identifier plus de 1,5 million d’acteurs en trois mois et d’atteindre un niveau significatif de recouvrement », a indiqué Hamidou Body, directeur général du concessionnaire. Il a insisté sur « la nécessité d’un dispositif numérique robuste et d’un partenariat étroit avec les organisations professionnelles ».
Les commerçants exigent plus de transparence et de concertation
Les organisations professionnelles, fortement mobilisées, ont salué la relance du projet tout en appelant à une gouvernance plus inclusive.

Pour Farikou Soumahoro, « la formalisation du secteur est une nécessité ancienne », mais elle doit s’accompagner d’un « dialogue permanent et d’une meilleure circulation de l’information ». Il a également insisté sur la réactivation des organes de pilotage.
Même tonalité chez Kamal El Makhloufi
Président du haut patronnat des commercants et operateurs économique de côté d’ivoire, qui se dit « rassuré par les perspectives de transparence » et annonce la mobilisation de ses réseaux sur le terrain.
Un enjeu stratégique pour l’économie ivoirienne

Représentant le ministre du Commerce, Ibrahim Coulibaly a rappelé que la réforme s’inscrit dans la vision du président Alassane Ouattara de bâtir « une économie moderne, inclusive et compétitive ».
Il a souligné que la formalisation du commerce, encore largement dominé par l’informel, est essentielle pour améliorer l’accès des opérateurs aux financements, renforcer la traçabilité des activités et soutenir la croissance.
Vers une meilleure structuration du secteur
Pour Ouattara Lamine président du Conseil féderal des commercants, la Carte de commerçant constitue « l’épine dorsale de la réforme du secteur », en offrant enfin un statut et une visibilité aux commerçants.
Au-delà de l’identification, les acteurs y voient un levier d’accès à des services essentiels : assurance, retraite, financement et structuration des organisations professionnelles.
Un pari collectif
Tous les intervenants s’accordent : la réussite de cette opération repose sur une synergie entre l’État, le concessionnaire et les organisations professionnelles.
« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin », a résumé un responsable du secteur, appelant à une mobilisation générale pour faire de la Carte de commerçant un véritable outil de transformation économique.
CAM



