Dans les couloirs de l’Agence Nationale de la Formation Professionnelle, à Marcory Zone 4, une question revient sans cesse depuis des années : comment savoir, avant même d’ouvrir une salle de classe, quels métiers façonneront l’économie ivoirienne de demain ? Ce mercredi 16 septembre 2026, l’AGEFOP et la coopération allemande, à travers la GIZ, ont apporté un début de réponse concret en lançant officiellement leur cartographie des besoins en compétences.

Un socle pour mieux former
L’ambition est claire : mettre fin au décalage persistant entre ce qu’enseignent les centres de formation et ce que recherchent réellement les employeurs.

« Former efficacement suppose d’abord de savoir pour quels métiers, pour quelles compétences, pour quels secteurs et pour quels territoires nous devons former », a expliqué Karitia Coulibaly épouse De Medeiros, Directrice générale de l’AGEFOP, en ouverture de la cérémonie.

Ce chantier s’inscrit dans le cadre du projet ADEFA (Appui au Développement de la Formation par Alternance) et du Programme National Passeport Compétences. Sa première phase cible trois territoires : le district autonome d’Abidjan, le Haut-Sassandra et San-Pédro, autour de quatre secteurs jugés stratégiques — l’agriculture, le BTP, la mécanique automobile, ainsi que l’hôtellerie, le tourisme et la restauration.
Près de 1 500 entreprises consultées
Derrière les discours officiels, c’est un travail de terrain considérable qui s’annonce.

Raphaël Barvoux, chef de projet ADEFA à la GIZ, a précisé qu’environ 1 500 entreprises seront enquêtées dans les trois zones concernées. La sensibilisation a déjà commencé à Abidjan, avant une extension progressive vers l’intérieur du pays.
Mais au-delà des chiffres, c’est une méthode que la GIZ entend installer durablement. « Notre ambition ne saurait se limiter à la réalisation des trois études. L’enjeu est de passer d’une photographie ponctuelle des besoins à une capacité durable de les observer, de les comprendre et surtout de les anticiper », a insisté Raphaël Barvoux.
La collecte des données doit débuter autour du 28 septembre, combinant approches quantitative et qualitative auprès des entreprises formelles comme informelles, des centres de formation, des organisations professionnelles, des jeunes et des femmes.

Akla Kouamé, chef de projet Passeport Compétences et chef de service de l’ingénierie de la formation à l’AGEFOP, a détaillé la méthodologie retenue, en insistant sur la nécessité de données actualisées pour orienter les décisions futures.
Une mobilisation appelée à s’élargir

Représentant le ministre de l’Emploi, de la Protection Sociale et de la Formation Professionnelle, Maître Adama Kamara, la Directrice de Cabinet Adjointe, Bintou Coulibaly, a procédé au lancement officiel de l’étude. Elle a appelé les entreprises, organisations professionnelles, chambres consulaires, collectivités territoriales et structures de formation à s’impliquer pleinement. « Il devient indispensable de disposer d’informations précises et actualisées sur les compétences recherchées par les entreprises et les secteurs économiques », a-t-elle déclaré.

À terme, l’AGEFOP entend étendre cette cartographie aux 31 régions de Côte d’Ivoire, avec l’ambition de bâtir un système permanent d’information et d’anticipation des besoins en compétences — une manière de préparer, dès aujourd’hui, les talents dont l’économie ivoirienne aura besoin demain.
CAM



