De la donnée à l’action : la Banque mondiale veut accélérer l’impact des projets en Afrique de l’Ouest

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L’École Nationale Supérieure de Statistique et d’Économie Appliquée (ENSEA) a accueilli ce mardi 9 juin 2026 un atelier régional consacré à la revue à mi-parcours du Scorecard 2024-2030 du Groupe de la Banque mondiale. Organisée en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD), cette rencontre a réuni des représentants gouvernementaux, des experts en statistiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs du secteur privé venus de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

L’objectif de ce « Capability Lab » est de renforcer l’utilisation des données et des preuves dans la prise de décision publique afin d’améliorer l’efficacité des politiques de développement.

Ouvrant les travaux, le directeur général de l’ENSEA, Dr Hugues Kouadio, a souligné le rôle central des données dans la gouvernance publique. « Le Scorecard du Groupe de la Banque mondiale constitue une rupture majeure avec les pratiques antérieures. Cette ambition ne pourra se concrétiser que si les données qui l’alimentent sont produites avec rigueur, régularité et indépendance », a-t-il déclaré.

Il a également annoncé l’ouverture prochaine d’un Master en évaluation des politiques publiques, développé avec le laboratoire J-PAL, afin de renforcer les capacités africaines en matière de suivi-évaluation.

Prenant la parole au nom des partenaires au développement, le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, a rappelé que « l’ultime mesure de notre succès ne réside pas dans ce que nous rapportons, mais dans ce que les populations vivent tous les jours ». Il a indiqué que le Scorecard a déjà permis de mesurer des résultats significatifs dans la région, notamment dans les domaines de la santé, de la sécurité alimentaire, des transports et du numérique.

Selon lui, la Côte d’Ivoire se distingue par son leadership en matière de gestion axée sur les résultats, notamment à travers l’adoption du nouveau Plan national de développement (PND) 2026-2030 et la mise en œuvre de l’initiative PIUneer destinée à renforcer l’utilisation des données dans les politiques publiques.

Représentant le gouvernement ivoirien, le ministre du Plan et du Développement, le Dr Souleymane Diarrassouba, a salué « la qualité et la densité du partenariat » entre la Côte d’Ivoire et le Groupe de la Banque mondiale.

Il a rappelé que le PND 2026-2030, évalué à plus de 114 800 milliards de FCFA, repose sur une approche fortement orientée vers les résultats. « Le Scorecard n’est pas seulement un outil de transparence ; il constitue pour nous un véritable instrument de pilotage au service des objectifs de développement que nous partageons », a-t-il affirmé.

Le ministre a également insisté sur la nécessité d’améliorer la qualité des données et leur exploitation dans les processus décisionnels. « La donnée n’a de valeur que si elle est utilisée. Le suivi n’a de sens que s’il informe l’action », a-t-il souligné.

Les participants sont attendus au terme des travaux sur des recommandations concrètes visant à renforcer la gouvernance des données, l’utilisation des indicateurs de performance et l’appropriation du Scorecard dans les pays de la sous-région, au service d’un développement plus efficace, inclusif et durable.

 

CAM