Le bureau de l’UNICEF en Côte d’Ivoire a abrité ce vendredi 26 juin 2026, malgré un ciel nuageux, un panel de restitution des résultats du sondage U-Report sur le vélo, le climat et la santé des jeunes, organisé en partenariat avec l’ONG WIRI. Une rencontre placée sous le signe de l’écoute et de l’action.
La keynote de Yasmine Diawara, Directrice exécutive de l’ONG WIRI, a électrisé la salle. Partant d’une analogie audacieuse avec la qualification des Éléphants en Coupe du monde : « les grandes victoires ne sont jamais le fruit du hasard, elles sont le résultat d’années d’investissements et de vision » dit-elle avant de déroulé sa conviction profonde : la mobilité verte peut produire quatre dividendes majeurs pour la jeunesse africaine.
Économique d’abord : « Investir dans la mobilité verte, ce n’est pas seulement construire des pistes cyclables. C’est créer des emplois, dans les services, la réparation, le tourisme, les livraisons. » Sanitaire ensuite, car « chaque trajet effectué à pied ou à vélo est aussi une activité physique », bénéfique à la santé mentale comme physique. Climatique également, face à des villes appelées à grandir encore. Et enfin, dividende d’égalité : « C’est permettre à une jeune fille d’aller au lycée sans parcourir des kilomètres à pied. C’est rapprocher les opportunités de celles et ceux qui en sont aujourd’hui éloignés. »
Pour illustrer son propos, Yasmine Diawara a évoqué Ali, jeune ingénieur brillant rencontré sur une route de Guinée, entre Dalaba et Labé, lors d’un voyage à vélo. « Il me dit : « Yasmine, ici, je ne vois plus d’avenir. Mon rêve est de partir. » » Une confidence qui l’a marquée. « Je rêve du jour où des milliers d’autres Ali choisiront de construire leur avenir ici, parce que nous aurons eu le courage de construire des villes qui créent des opportunités », a-t-elle conclu avec émotion.
L’évenement à reuni aussi les invités autour d’une présentation des résultats du sondage U-Report, articulée autour des dividendes, portée par des experts de renom sous forme de sessions rapides : Andy Costa sur les opportunités économiques inexploitées, le Pr Koua Assémiian Médard sur la mobilité comme enjeu de santé publique, Charlène Kouassi sur la construction de villes africaines durables, et Ghislain Coulibaly sur la mobilité inclusive et l’égalité des chances.
Une conférence jeunesse a également été un centre d’intérêt, réunissant panélistes et jeunes leaders autour du thème : « Jeunesse, mobilité durable et climat : quelle place pour le vélo dans les villes africaines ? »
Jean-François Basse, Représentant de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, a pour sa part expliqué l’enjeu de la rencontre: « Nous ne sommes pas réunis uniquement pour parler du vélo. Nous sommes réunis pour écouter ce que les jeunes ont à nous dire sur leur environnement, leur santé et leurs conditions de mobilité. »
Les chiffres donnent le ton : 5 136 jeunes ont participé au sondage, et plus de la moitié déclarent utiliser régulièrement le vélo. Pour M. Basse, la mobilité va bien au-delà du simple déplacement. « Lorsqu’un jeune peut se déplacer facilement, en toute sécurité et à un coût accessible, ses possibilités d’apprendre, de se soigner et de participer à la vie de sa communauté s’élargissent considérablement », a-t-il souligné, appelant à mieux intégrer la mobilité durable dans les politiques publiques de santé, d’éducation et d’urbanisme.
Car comme l’a martelé Jean-François Basse en clôture, « les jeunes ne doivent pas être uniquement considérés comme des bénéficiaires des politiques publiques, mais comme des acteurs, des partenaires et des porteurs de solutions. »
CAM