ABIDJAN NEWS
Site de traitement des informations générales sur le plan local et international.
Listen to this article

Atelier d’écriture et de dissémination scientifique du CERAP : des chercheurs africains et américains réfléchissent à une recherche engagée

83

- VOTRE PUB ICI-

Listen to this article

Du 9 au 12 février 2026, le Centre de Recherche et d’Action pour la Paix (CERAP), en collaboration avec le Social Science Research Council (SSRC) et African Peacebuilding and Developmental Dynamics (APDD), organise à Abidjan un atelier d’écriture et de dissémination des résultats de recherche en sciences politiques.
Cette rencontre réunit près d’une soixantaine de chercheurs venus de plusieurs pays africains ainsi que des États-Unis, autour des enjeux de la paix, des conflits, de l’écriture scientifique et de la vulgarisation des savoirs.

Participants

Jour 2 – Mardi 10 février 2026
Intervenant comme facilitatrice, la professeure Naminata Diabaté, chercheuse à l’Université Cornell (États-Unis), encadre un groupe de chercheurs originaires du Nigeria, d’Afrique du Sud, du Kenya et du Zimbabwe. Elle accompagne leurs travaux portant notamment sur les dynamiques de paix et de conflit en Afrique.

Participants

Parmi les thématiques abordées, elle cite par exemple une recherche sur le rôle ambivalent de la musique dans les conflits au Nigeria, en particulier dans la région du Delta du Niger, où certains artistes attisent parfois la violence tandis que d’autres promeuvent la paix. Un autre travail porte sur les mouvements de protestation au Kenya face aux politiques d’austérité imposées par les institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale.

la professeure Naminata Diabaté, chercheuse à l’Université Cornell (États-Unis)

Pour la professeure Diabaté, l’enjeu majeur est la dissémination des résultats de recherche auprès d’un public plus large. Elle insiste sur l’importance de la maîtrise des langues locales dans la collecte et la restitution des données :

« Des recommandations solides nécessitent une traduction rigoureuse des langues locales. Sans cela, la recherche perd de sa pertinence. » a-t’elle fait savoir.

Elle souligne également la nécessité d’adapter l’écriture aux différents publics – académique, institutionnel ou populaire – notamment à travers les réseaux sociaux, ainsi que l’importance de l’éthique dans la recherche : placer les communautés au cœur des analyses, sans imposer d’idéologies extérieures.

Regards croisés des participants
Pour Dr Marion Ouma, chercheuse kenyane à l’Université d’Afrique du Sud et boursière du programme APN, l’atelier constitue une expérience déterminante :

« Écrire, c’est penser. Le processus d’écriture nous permet de réfléchir plus profondément et d’apprendre des autres chercheurs. Cette rencontre montre que la recherche repose sur la solidarité, la collaboration et le partage d’expériences. » à t’elle relatée.

Elle estime que les chercheurs africains ont un rôle clé à jouer dans la production d’un savoir émancipateur pour le continent, face aux héritages du colonialisme et aux formes contemporaines de néocolonialisme. La session du jour portait également sur l’usage de l’intelligence artificielle dans la recherche académique.

De son côté, Dr Imomotimi Armstrong, chercheur nigérian à l’Université du Delta du Niger, retient surtout les échanges sur la « politique de l’écriture » :

« Écrire, c’est faire des choix : ce qu’on inclut, ce qu’on vérifie et comment on diffuse l’information. Aujourd’hui, nous avons aussi réfléchi à l’intégration des langues autochtones dans les outils d’intelligence artificielle. » a-t’il confié.

Un espace de formation et de réflexion collective
À travers cet atelier, le CERAP, le SSRC et l’APDD offrent un cadre de formation stratégique pour renforcer les capacités des chercheurs africains, améliorer la qualité de leurs productions scientifiques et favoriser une recherche plus accessible, éthique et connectée aux réalités sociales du continent.

CAM