ABIDJAN – La mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ouvre une nouvelle étape dans le processus d’intégration économique du continent. En Côte d’Ivoire, le cadre législatif accompagnant cette dynamique fait l’objet d’une restitution auprès des populations, avec un accent particulier sur les opportunités qu’il pourrait offrir aux entreprises, aux jeunes entrepreneurs et aux commerçants ivoiriens.
C’est dans cette perspective que l’Honorable Hervé Bombet, Député de la Nation, membre de la Commission des Affaires extérieures et membre de l’Union interparlementaire, s’est attaché à présenter les principales dispositions et les enjeux du projet de loi adopté relatif à la mise en œuvre des engagements de la Côte d’Ivoire dans le cadre de la ZLECAf.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté de rapprocher le travail parlementaire des citoyens. Le député assure ainsi une mission de restitution et d’information sur les textes examinés et adoptés par le Parlement, afin d’en permettre une meilleure compréhension par les populations et les acteurs économiques concernés.
Un projet de loi au service de l’intégration et de la souveraineté économique
Le projet de loi adopté s’inscrit dans une ambition plus large : promouvoir l’intégration économique africaine et renforcer la souveraineté économique des États du continent.
La ZLECAf vise à établir progressivement un espace commercial continental permettant de faciliter les échanges entre les pays africains, de réduire les barrières tarifaires et de favoriser le développement des chaînes de valeur africaines.
Le marché potentiel est considérable. La ZLECAf concerne un espace de quelque 1,3 milliard de consommateurs, pour un PIB continental combiné estimé à environ 3 400 milliards de dollars.
Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu consiste à tirer parti de cette ouverture en renforçant la capacité de ses entreprises à exporter leurs produits et services vers les autres marchés africains.
Un démantèlement tarifaire progressif
Le dispositif prévoit une réduction progressive des droits de douane sur les produits concernés par la libéralisation commerciale. En Côte d’Ivoire, la mise en œuvre de cet engagement s’appuie notamment sur l’ordonnance n°2025-260 du 23 avril 2025 relative au démantèlement tarifaire appliqué aux produits non sensibles dans le cadre de la ZLECAf.
Le principe est de permettre, par étapes, une circulation plus fluide des marchandises entre les États parties, tout en tenant compte des produits sensibles et des secteurs nécessitant une protection particulière.
Cette évolution constitue un changement important pour les opérateurs économiques ivoiriens. Elle ouvre de nouveaux débouchés, mais implique également une adaptation à une concurrence continentale appelée à s’intensifier.
Des perspectives économiques importantes
La restitution parlementaire met également en lumière les effets économiques attendus de la mise en œuvre de la ZLECAf.
Les projections présentées dans le cadre des travaux consacrés au texte font état d’une progression pouvant atteindre près de 9 % du PIB réel et d’une augmentation de 44 % des exportations ivoiriennes vers les pays africains.
Ces données doivent être considérées comme des projections liées aux effets attendus de la réforme, et non comme des performances déjà enregistrées.
L’ouverture commerciale pourrait également avoir des effets sur les revenus et la disponibilité de certains produits. Des travaux économiques consacrés à la ZLECAf en Côte d’Ivoire ont notamment étudié les effets potentiels sur les salaires, les prix et les échanges, en mettant en évidence les possibilités d’expansion des exportations ivoiriennes vers plusieurs marchés africains.
La libéralisation tarifaire aura cependant un impact sur les recettes douanières. La moins-value correspondante constitue l’un des coûts de transition du dispositif, avec l’espoir que l’augmentation des échanges, de la production, des investissements et de l’activité économique puisse générer, à terme, des effets compensateurs.
Une opportunité, mais surtout un défi pour les entreprises ivoiriennes
C’est précisément sur ce terrain que se situe l’appel lancé par l’Honorable Hervé Bombet.
La question n’est plus seulement de savoir si la Côte d’Ivoire bénéficiera de l’ouverture du marché africain, mais de déterminer si ses entreprises seront suffisamment préparées pour y prendre des parts de marché.
La ZLECAf offre aux entrepreneurs ivoiriens un espace commercial beaucoup plus vaste. Mais elle met également les entreprises nationales face à de nouveaux concurrents africains.
La qualité, la compétitivité des prix, la capacité de production, l’innovation, le respect des normes, la transformation locale des matières premières et la maîtrise des circuits logistiques seront déterminants.
L’enjeu est donc double : profiter de l’ouverture du marché africain tout en renforçant la compétitivité des entreprises ivoiriennes.
Le devoir de restitution du parlementaire
À travers cette démarche, Hervé Bombet met en avant une dimension essentielle du mandat parlementaire : la restitution.
Le député ne se présente pas comme l’auteur des projections économiques liées au projet de loi adopté. Il restitue aux populations le contenu d’un texte issu du travail parlementaire, ainsi que les perspectives et les enjeux qui lui sont associés.
Cette pédagogie parlementaire vise notamment les jeunes, les entrepreneurs, les commerçants et les différents acteurs du secteur privé, directement concernés par l’évolution du cadre commercial africain.
L’objectif est de permettre aux citoyens de mieux comprendre les décisions prises par leurs représentants et, surtout, de préparer les acteurs économiques aux transformations qui se profilent.
« Sommes-nous prêts à conquérir ces nouveaux marchés ? »
Au-delà de la restitution du texte, le parlementaire pose ainsi une question centrale : la Côte d’Ivoire et ses entreprises sont-elles suffisamment préparées pour conquérir le marché africain ?
L’interpellation s’adresse particulièrement aux jeunes entrepreneurs et aux opérateurs économiques.
Car l’intégration africaine ne saurait se limiter à une augmentation des importations. Elle doit également permettre aux entreprises ivoiriennes de produire davantage, de transformer davantage et d’exporter davantage.
L’appel lancé par Hervé Bombet prend ainsi une dimension économique et entrepreneuriale : saisir les opportunités offertes par la ZLECAf, investir dans la qualité, innover et regarder au-delà des frontières nationales.
L’Afrique comme nouvel horizon pour les entreprises ivoiriennes
La ZLECAf ne constitue donc pas seulement un mécanisme de réduction des droits de douane. Elle participe d’une ambition plus vaste visant à renforcer les échanges intra-africains et à favoriser l’émergence de chaînes de valeur continentales. Les analyses consacrées à la ZLECAf soulignent notamment son potentiel en matière d’industrialisation, de diversification des exportations, de création d’emplois et de développement de produits à plus forte valeur ajoutée.
Pour la Côte d’Ivoire, la réussite de cette dynamique dépendra largement de la capacité des pouvoirs publics et du secteur privé à accompagner les entreprises dans cette nouvelle compétition continentale.
À travers sa restitution, l’Honorable Hervé Bombet entend ainsi faire connaître le contenu et les enjeux du projet de loi adopté, tout en invitant les acteurs économiques à anticiper les mutations à venir.
Son appel est sans ambiguïté : ne pas attendre que le marché africain vienne à nous, mais préparer dès maintenant nos entreprises à aller à sa conquête.
L’intégration africaine ouvre une nouvelle page. Aux entreprises ivoiriennes désormais d’en écrire une partie de l’histoire.
E. DE DAN TOTA



