Transition, innovation et financement : Babimodays 2026 mobilise les acteurs de l’immobilier Africain à Abidjan
Face aux défis de l’urbanisation rapide et du financement du logement en Afrique, Abidjan confirme son ambition de devenir une plateforme majeure de réflexion et de coopération dans le domaine immobilier. La 4ᵉ édition des Babimodays, ouverte ce jeudi 5 mars 2026 à l’Ivoire Trade Center, dans la commune de Cocody, rassemble experts, investisseurs et décideurs venus d’Afrique et d’ailleurs autour des transformations du secteur.
Placée sous le thème « Connecter les marchés et accélérer la transition : l’innovation au service de l’immobilier africain », cette édition entend positionner la capitale économique ivoirienne comme un carrefour stratégique des échanges et des opportunités pour l’immobilier en Afrique de l’Ouest.
Au-delà des panels et rencontres professionnelles, les Babimodays visent à structurer un véritable espace de dialogue entre acteurs publics et privés. L’événement devrait réunir entre 250 et 300 participants, parmi lesquels promoteurs, investisseurs, experts, institutions financières et représentants d’organismes publics.
Cette plateforme d’échanges ambitionne également de partager des données stratégiques sur les dynamiques du marché immobilier ivoirien et africain, afin d’éclairer les décisions des investisseurs et des professionnels. En favorisant la mise en relation entre les différents acteurs, Babimodays entend ainsi renforcer les réseaux professionnels et stimuler les opportunités d’affaires dans un secteur en pleine mutation.
En ouvrant les travaux, la présidente du Club de l’Immobilier Côte d’Ivoire (CICI), Mariam Mahama, a souligné la portée stratégique de cette nouvelle édition.

« Cette quatrième édition marque une nouvelle étape pour Babimodays. Nous voulons créer un espace d’ouverture entre les marchés, où les professionnels africains et internationaux pourront confronter leurs réalités et partager leurs expériences », a-t-elle déclaré.
Selon elle, le thème retenu s’inscrit dans un contexte mondial marqué par la transition écologique, la digitalisation et l’innovation technologique, autant de dynamiques qui redéfinissent les métiers de l’immobilier. Les panels consacrés à l’investissement, à l’hôtellerie, à la transition écologique ou encore à la PropTech illustrent cette volonté d’anticiper les mutations du secteur.

La présidente du CICI a par ailleurs salué la forte mobilisation internationale, avec des délégations venues notamment du Bénin, du Cameroun, du Maroc, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo.
« Notre ambition est claire : faire de Babimodays un rendez-vous incontournable et positionner Abidjan comme un hub de l’immobilier en Afrique de l’Ouest », a-t-elle insisté.
Partenaire technique de l’événement à travers son agence Angle 360, Williams Bella a mis en avant l’importance des espaces d’échanges entre professionnels.
« Nous sommes dans un contexte qui appelle à l’innovation. Mais l’innovation commence par le dialogue entre les acteurs du secteur. C’est précisément ce que permet Babimodays », a-t-il expliqué.
Pour lui, l’une des principales innovations de cette édition réside dans la mise en réseau des clubs immobiliers et la création d’un cadre de dialogue international. « Connecter les marchés, c’est aussi connecter les compétences et les expertises », a-t-il ajouté.
Invité à cette rencontre, Antoine Viallet, président des Marseillais de l’immobilier en Afrique, a salué la montée en puissance de l’événement et l’intérêt croissant des acteurs internationaux pour le marché ivoirien.
Selon lui, les relations historiques entre Marseille et le continent africain offrent un terrain naturel de coopération économique. « Marseille est une ville profondément tournée vers l’Afrique. Il était donc logique que les professionnels de l’immobilier s’intéressent aux opportunités du continent », a-t-il indiqué.
Impressionné par la mobilisation des clubs immobiliers venus d’Europe, d’Afrique et des Caraïbes, il estime que Babimodays pourrait rapidement s’imposer comme un rendez-vous panafricain de référence. « L’enjeu est désormais de faire d’Abidjan un véritable hub immobilier en Afrique », a-t-il soutenu.
De son côté, le directeur général de la Société nationale de gestion du patrimoine immobilier de l’État (SONAPIE), Diabaté Kaladji, a mis l’accent sur la question cruciale du financement.
« L’immobilier nécessite des financements de ong terme. Or, aujourd’hui, les ressources disponibles proviennent essentiellement de crédits bancaires à court terme », a-t-il expliqué.
Pour relever ce défi, il plaide pour une diversification des sources de financement, notamment à travers les marchés de capitaux, les fonds de pension et les banques de développement. Il a également évoqué la volonté de l’État ivoirien de se positionner progressivement comme un “asset manager”, capable de valoriser stratégiquement son patrimoine immobilier.
« Notre objectif est de transformer le patrimoine public d’un patrimoine dormant en un patrimoine actif qui contribue à l’équilibre économique de l’État », a-t-il précisé.
CAM



