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Les deux jambes de l’État : L’alliance stratégique  entre le Ministère de l’Intérieur et le Conseil d’État

 entre le Ministère de l'Intérieur et le Conseil d'État

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Abidjan, ce mercredi 21 octobre 2026. L’atmosphère dans les locaux du Conseil d’État avait la gravité des grand jours d’audience, tempérée par la chaleur des retrouvailles républicaines. Invité par le nouveau locataire du Conseil d’État, Ibrahime Kuibiert-Coulibaly, le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le Général Vagondo Diomandé, a franchi les portes de l’institution pour une rencontre stratégique aux enjeux fondamentaux pour la paix sociale. 

​L’accueil d’une « maison » de justice 

​C’est entouré de son état major judiciaire — présidents de chambre, secrétaire général et directeur de cabinet — que le président du Conseil d’État a ouvert les bras à son hôte du jour :

« Monsieur le ministre, au nom du Conseil d’État, je voudrais vous souhaiter la bienvenue dans notre maison, la maison de la justice administrative. Vous étiez attendus, et c’est avec une vraie joie que nous vous recevons. » a-t’il dit.

La réplique du ministre ne s’est pas fait attendre, portée par l’impressionnant parterre de collaborateurs qui l’accompagnait. « Nous sommes nombreux, c’est quasiment tout le ministère qui vient vous rendre visite », a souligné le Général Vagondo Diomandé avec un sourire complice, avant d’expliquer le sens profond de ce déplacement.

​Au delà de la démarche protocolaire, le ministre tenait à saluer la récente nomination d’Ibrahime Kuibiert-Coulibaly par le Président de la République. Évoquant le brillant parcours de ce dernier à la tête de la Commission Électorale Indépendante (CEI), le ministre s’est fait le porte-voix d’un hommage appuyé :

« Vous avez été pour nous un modèle.Un modèle de maîtrise de la chose électorale, mais aussi un modèle de communication. C’était une bonne nouvelle qui ne pouvait nous laisser indifférents, et il était de bon aloi d’effectuer le déplacement pour vous exprimer toute notre admiration. » a-t’il fait savoir.

 

​« Les deux jambes d’un même corps » 

​Si la courtoisie était au rendez-vous, le cœur du sujet, lui, touchait aux fondements de l’administration du territoire. Pour illustrer la synergie indispensable entre les deux entités, le Ministre de l’Intérieur a usé d’une métaphore saisissante :

« Le Conseil d’État et le Ministère de l’Intérieur ressemblent aux deux jambes d’un même corps qui permettent à l’ensemble de rester en équilibre. Nous avons la charge du territoire et de la sécurité ; le Conseil d’État veille au droit. Il était primordial de prendre langue pour accorder nos violons. » a-t’il expliqué.

 

Le nœud du problème : La chefferie traditionnelle 

​Derrière cette belle image d’Épinal se cache une réalité juridique brûlante : les contentieux liés à la désignation des chefs de village. 

​En Côte d’Ivoire, la tradition veut que le village désigne son guide selon ses rites et coutumes. Mais dans le rouage administratif, c’est l’arrêté de validation signé par le préfet qui officialise la consultation populaire. Un acte administratif qui, bien souvent, finit sur la table du juge administratif en cas de contestation coutumière ou politique.

Le verdict des chiffres est sans appel. Le président Kuibiert-Coulibaly a révélé une statistique saisissante : entre mai et octobre 2026, le Conseil d’État a enregistré près de 5 000 dossiers dont un volume considérable concerne ces querelles de clocher et de succession villageoise.

 

Désengorger le prétoire : L’option du dialogue 

Face à cet engorgement qui alourdit l’appareil judiciaire, les deux hommes ont tranché : il faut agir en amont. L’objectif est d’institutionnaliser et de rendre obligatoire le recours administratif préalable devant l’autorité préfectorale avant toute saisine de la haute juridiction.

Pour résumer cette philosophie pragmatique, Ibrahime Kuibiert-Coulibaly a invoqué la sagesse populaire :

« Un mauvais arrangement vaut toujours mieux qu’un bon procès. Il est bon que nous nous asseyions pour régler ces débats à la source plutôt que d’encombrer le prétoire. » s’est-il exprimé.

Une vision pleinement partagée par le ministre Vagondo Diomandé, qui a confirmé la création imminente d’un cadre formel de concertation. Dans les semaines à venir, des équipes techniques des deux institutions se réuniront pour codifier les règles de ce partenariat renforcé.

En posant les pierres de cette collaboration inédite, le Conseil d’État et le Ministère de l’Intérieur font plus que simplifier des procédures : ils rapprochent la justice du citoyen et préservent la concorde sociale au cœur même de nos villages.

 

CAM