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Criminalité financière : le GIABA sonne la riposte régionale depuis Abidjan

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Abidjan reçoit depuis ce jeudi 21 Mai la 45e réunion plénière du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest. Organisée au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, cette rencontre réunit ministres, experts financiers, Cellules de renseignement financier et partenaires techniques autour des enjeux liés à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.


Ouvrant officiellement les travaux au nom du gouvernement ivoirien, le ministre Moussa Sanogo, représentant le ministre des Finances Adama Coulibaly, a alerté sur les conséquences des flux financiers illicites pour les États ouest-africains. « Chaque ressource détournée par les réseaux criminels est une opportunité retirée à nos populations », a-t-il déclaré, rappelant que la lutte contre la criminalité financière constitue un enjeu de développement, de stabilité et de souveraineté.


Le Directeur général du GIABA, Edwin W. Harris Jr., a salué les réformes engagées par la Côte d’Ivoire pour renforcer son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Il a indiqué que le pays pourrait bénéficier d’une visite sur place lors de la prochaine plénière du Groupe d’action financière prévue en juin 2026, une étape importante dans le processus de sortie de la liste grise.


La présidente de la Commission technique du GIABA, Hafsat Abubakar Bakari, a pour sa part insisté sur la nécessité d’un accompagnement technique accru en faveur de la Côte d’Ivoire. Elle a également mis en garde contre les nouveaux risques liés aux cryptoactifs, aux prestataires de services sur actifs virtuels (VASP), ainsi qu’à l’utilisation de l’intelligence artificielle générative, des deepfakes et des identités synthétiques par les réseaux criminels.

L’un des faits marquants de cette 45e plénière demeure l’intégration du Burkina Faso, du Mali et du Niger comme membres hors CEDEAO du GIABA. Cette adhésion, entérinée après la signature de mémorandums d’entente en février 2026, traduit la volonté de renforcer la coopération régionale face à la criminalité transnationale.

Les échanges portent également sur la transparence des bénéficiaires effectifs, la supervision des fintechs, le financement de la prolifération des armes de destruction massive et les défis liés aux technologies numériques.

Selon le bilan présenté par les responsables, dont le président de la Cellule de traitement des informations financières, le colonel Idrissa Touré, la Côte d’Ivoire a réalisé d’importants progrès dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Le pays respecte désormais 39 des 40 recommandations du Groupe d’action financière, contre seulement 18 en 2024, grâce aux réformes engagées, au renforcement de la CENTIF et à l’appui du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest.

Le président de la 45e session, Garry Debor, a salué les efforts de la Côte d’Ivoire pour sortir rapidement de la liste grise du GAFI. Il a toutefois alerté sur les nouveaux risques liés aux cryptoactifs, à l’intelligence artificielle et aux nouvelles technologies, soulignant que les États doivent désormais prouver l’efficacité concrète de leurs actions contre la criminalité financière.

Cette session revêt enfin une dimension particulière puisqu’elle marque la dernière plénière dirigée par Edwin W. Harris Jr. avant la fin de son mandat le 30 juillet 2026. Le responsable libérien a dressé le bilan de quatre années de réformes ayant permis de renforcer la crédibilité et le rayonnement international du GIABA au sein du réseau du GAFI.

Les travaux se poursuivront à Abidjan autour de rapports techniques, d’évaluations mutuelles et de stratégies destinées à améliorer l’efficacité des dispositifs nationaux de lutte contre la criminalité financière dans l’espace ouest-africain.

 

CAM